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  • Cinq jaguars en une journée : le safari en famille de Michael dans le Pantanal, au Brésil

    Cinq jaguars en une journée : le safari en famille de Michael dans le Pantanal, au Brésil

    Une famille suisse de cinq personnes, un roman lu 15 ans plus tôt et quatre jours entre la Transpantaneira et les rivières de Porto Jofre, le tout raconté par Michael lui-même

    Michael Lang a 51 ans. Médecin généraliste, il tient un petit cabinet privé dans le nord-ouest de la Suisse, à 10 kilomètres des frontières allemande et française. Pendant qu’il préparait les vacances avec sa famille et quelques amis, le projet a changé plusieurs fois de cap : le Sri Lanka d’abord, puis l’Afrique et le Costa Rica, avant de se fixer pour de bon sur le Brésil.

    Michael avait trois objectifs en tête : Rio de Janeiro, les chutes d’Iguazu et un safari en Amazonie ou dans le Pantanal. Au final, c’est le Pantanal qui l’a emporté, surtout grâce à un roman lu il y a environ 15 ans : Le Testament, de John Grisham, où un avocat est envoyé dans les zones humides du Brésil pour retrouver une missionnaire.

    En juillet 2026, Michael, sa femme et leurs trois enfants, âgés de 17 à 21 ans, ont fait le Safari Jaguar Économique dans le Pantanal : quatre jours organisés par PlanetaEXO et encadrés par un guide local. Voici son récit, à découvrir ci-dessous !

    Quatre jours sur la Transpantaneira (sans jamais s’ennuyer)

    Le Testament se déroule dans le Pantanal Sud, mais c’est vers le Pantanal Nord que Michael et sa famille sont partis. Un vol jusqu’à Cuiabá, puis la route pour s’enfoncer dans la zone humide. Le séjour s’est partagé entre deux endroits : d’abord un lodge plus au nord, puis la région des rivières autour de Porto Jofre, là où s’arrête la route Transpantaneira.

    Ce changement de décor lui a plu. « C’était vraiment intéressant de voir ces endroits différents, et je ne me suis jamais ennuyé », raconte-t-il. Le rythme lui convenait aussi : « C’était plutôt reposant d’être assis dans un bateau, à glisser sur la rivière. »

    Interrogé sur le moment le plus difficile du voyage, il a cherché, sans rien trouver : pas de sentier éprouvant, pas de mauvais temps, pas de sortie en bateau qui s’éternise. « En fait, je ne vois rien qui ait été difficile pour moi », répond-il. Il sait bien que quatre jours, c’est court pour le Pantanal, et que des séjours plus longs existent. Mais impossible pour lui de citer un seul point négatif.

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    Cinq jaguars en une seule journée

    Michael adore les animaux et pratique la photo en amateur passionné, sans être pour autant spécialiste de la faune. Au Pantanal, sa liste d’envies tenait en un seul animal. « Je voulais vraiment voir des jaguars. Et on en a vu beaucoup. » En une seule journée, le groupe a repéré environ cinq jaguars, à cinq endroits différents.

    Le reste a suivi sans se faire attendre : des oiseaux partout, un tapir, des cerfs, des loutres et des caïmans en quantité. De quoi combler l’amoureux des animaux qu’il est.

    Voilà d’ailleurs pourquoi les voyageurs font tout ce chemin. Autour de Porto Jofre, les rivières Cuiabá, Piquiri et Três Irmãos traversent le parc d’État Encontro das Águas, le secteur du Pantanal où l’on a le plus de chances de voir un jaguar. C’est pendant l’intersaison et la saison sèche, de mai à octobre, qu’on en voit le plus.

    Ce qui l’a frappé, c’est le peu de monde. Aux chutes d’Iguazu, se souvient-il, « il y a des centaines de personnes sur une plateforme et sur les chemins ». Sur la rivière du Pantanal, rien de tel : « Il y a peut-être 10 bateaux, une douzaine. Il n’y a pas de surtourisme, je dirais. »

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    Un circuit privé, sur mesure

    Michael pensait devoir partager son guide, Fábio, qu’il imaginait à la tête d’un groupe de 10 ou 12 personnes. Il n’en a rien été : le guide n’était là que pour eux. « Il était un peu notre guide privé. Je ne m’y attendais pas », dit-il. « Ça a été une grosse surprise pour moi. Mais pour nous, c’était excellent, parce qu’on pouvait tout lui demander. »

    Résultat : c’est la famille qui donnait le tempo. « On pouvait aller à notre rythme. On disait : bon, on veut faire ci ou ça, ou on veut partir à telle ou telle heure. Donc c’était vraiment à la carte », se félicite-t-il. C’est, avec les jaguars, ce qu’il a préféré dans ce voyage. « Le contact personnel avec le guide était excellent. »

    L’anglais de Fábio n’a pas servi qu’à parler des animaux. Ailleurs au Brésil, la famille avait du mal à échanger avec les habitants. Avec leur guide, en revanche, les conversations allaient loin. « On parlait tout le temps de culture, de religion, de finances, de politique, et j’en passe », explique-t-il. « Je crois que c’est le contact le plus étroit qu’on ait eu de tout le voyage. »

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    Des grenouilles dans la salle de bain et une loutre nommée Cheetah

    Au moment de raconter une anecdote amusante du voyage, Michael a jeté un coup d’œil à sa fille. De petites grenouilles s’étaient invitées dans les chambres de la famille, et elle avait peur d’aller à la salle de bain. Ce qu’il lui a répondu résume le Pantanal mieux qu’un long discours : « On n’est pas en ville. On est en pleine nature. »

    Et puis il y a eu Cheetah, une loutre très habituée à la présence humaine. La famille l’a croisée deux fois sur la rivière, et à chaque fois, elle a tenté de monter à bord. « Elle voulait toujours sauter dans le bateau. C’était tellement drôle », s’amuse-t-il.

    Ses autres moments préférés, plus calmes, il les a vécus sur l’eau, à contempler la beauté du paysage pendant les sorties en bateau au lever et au coucher du soleil.

    👉 À lire aussi : Animaux du Pantanal : la faune emblématique

    Le Brésil, un pays sûr ? La réponse franche de Michael

    Michael ne s’est jamais senti en danger au Brésil, et il explique pourquoi sans en faire un drame. La famille a évité les quartiers mal famés de Rio et de São Paulo, utilisé des applications de VTC pour ses trajets et voyagé en groupe, à deux familles.

    Pour se déplacer sereinement dans un endroit qu’on ne connaît pas, il a une règle de base. « Si on garde une certaine vigilance par rapport à ce qui peut arriver, on n’a pas à vivre de situations désagréables. »

    Avec ses rues larges et propres, l’Avenida Paulista, l’avenue la plus emblématique de São Paulo, lui a rappelé Paris. Du côté de la cathédrale de la Sé et du Mercadão, un marché public vieux de 93 ans, la ville montrait un visage plus rude. Pour avoir déjà vu ce genre d’endroits, il n’a pas été choqué, mais le contraste entre les deux l’a marqué.

    Un rythme plus lent et une cuisine meilleure que prévu

    Aux yeux de beaucoup d’Européens, dit Michael, le Brésil, c’est le football et pas grand-chose d’autre. Pour lui et sa famille, la réalité est plus riche et beaucoup plus variée. La barrière de la langue a parfois compliqué les choses, mais ce qui les a conquis, ce sont les gens et le rythme de vie.

    Sa femme est tombée amoureuse du pays, ce qu’il n’avait pas vu venir. « Elle a dit que les gens sont tellement gentils et tellement détendus par rapport à la Suisse », confie-t-il, avant d’expliquer que chez eux, même un passage au supermarché se fait au pas de course. « Au Brésil, tout était au ralenti. Et ça, ça me plaît. »

    Autre surprise : la cuisine. Michael s’attendait à des plats très simples, mais il a eu droit à un vrai festin. « La cuisine brésilienne était bien meilleure que ce qu’on imaginait, et moins chère que dans d’autres pays. Ça m’a vraiment surpris. »

    Pour résumer le Brésil, une liste lui suffit : des plages chaudes et ensoleillées, des gens détendus, de grandes villes, des cascades et une faune sauvage. Seul bémol, la taille du pays : « les distances sont énormes », alors mieux vaut prévoir des vols intérieurs. « Je recommande le Brésil à tous ceux qui me demandent où partir en vacances. Ce pays a tout », affirme-t-il.

    Les conseils de Michael pour un premier voyage au Brésil

    Quels conseils donnerait-il à un ami qui prépare son premier voyage ? Michael reste concret :

    • Mélangez villes, nature et faune : sa famille a combiné São Paulo, Rio de Janeiro, les chutes d’Iguazu, Ilha Grande et le Pantanal.
    • Accordez quelques jours de plus à Ilha Grande, dans l’État de Rio : la famille a passé trois jours sur l’île, et ce séjour reste pour les enfants l’un des meilleurs moments du voyage, grâce à « la plage, tout simplement, et un joli village ».
    • Pensez au budget du safari dès le départ : un safari dans le Pantanal n’est pas vraiment bon marché, même en formule économique. Tout bien pesé, Michael estime que le guide privé et l’organisation valaient la dépense.
    • Choisissez un guide anglophone : en dehors des hôtels, l’anglais se fait parfois rare. Un guide qui le parle couramment est votre meilleure porte d’entrée sur le pays.

    👉 À lire aussi : 10 conseils de voyage pour le Pantanal

    Prochaine étape : Salvador ou les Lençóis Maranhenses

    Michael a envie de revenir. Sur sa liste : Salvador, mais aussi les dunes de sable blanc et les lagunes aux eaux transparentes des Lençóis Maranhenses.

    Après son passage aux chutes d’Iguazu, il aimerait aussi explorer davantage le sud du Brésil, même s’il n’a pas encore de destination précise en tête. Ce ne sont pas les possibilités qui manquent !

    👉 À lire aussi : 10 faits sur les Lençóis Maranhenses, Brésil

    Visiter le Pantanal avec PlanetaEXO

    Maintenant que vous avez vu le Pantanal à travers les yeux de Michael, vous savez ce qui vous y attend : des jaguars, des loutres et des sorties en bateau au lever du soleil. À vous de le découvrir de plus près !

    PlanetaEXO est une plateforme d’écotourisme spécialisée dans les circuits au Pantanal. Avec des guides et des opérateurs locaux expérimentés, nous prenons en charge la logistique (transferts, lodges, repas et safaris en bateau) pour que votre famille n’ait plus qu’à profiter du voyage. Contactez-nous dès maintenant !

  • La journaliste Jihee Yeon filme les dunes des Lençóis Maranhenses sous un ciel orangé avec la télécommande d’un drone

    Tournage aux Lençóis Maranhenses pour la télévision coréenne : Jihee Yeon raconte son Brésil

    Venue tourner un sujet pour KBS aux Lençóis Maranhenses, une journaliste coréenne a marché trois jours à travers les dunes et en est repartie marquée par la beauté et la chaleur humaine du Brésil

    Jihee Yeon, 34 ans, est journaliste à KBS, le principal groupe public de radio et de télévision de Corée du Sud. C’est en quête des plus belles images possibles pour un reportage spécial qu’elle s’est rendue aux Lençóis Maranhenses.

    « Plusieurs personnes m’ont recommandé les Lençóis Maranhenses, en m’expliquant que les lagunes seraient pleines et que c’était le moment idéal pour y aller », raconte-t-elle. « Dès que j’ai vu les photos et les vidéos, le paysage m’a captivée. » Elle s’est aussitôt mise à préparer le tournage.

    Jihee était accompagnée du chef opérateur Soo Han Kim, installé à São Paulo, qui raconte en images des histoires sud-coréennes dans toute l’Amérique du Sud. Ensemble, ils ont parcouru le parc national des Lençóis Maranhenses chargés d’un lourd matériel de télévision. Dans l’État du Maranhão, le parc couvre 155 000 hectares : de vastes dunes de sable blanc, qui peuvent atteindre 40 mètres de haut, y côtoient des lagunes d’eau douce. Cette étape s’inscrivait dans un périple qui l’a aussi menée à Belém, sur l’île de Marajó, à São Luís et à Salvador.

    Jihee Yeon marche sur les dunes blanches des Lençóis Maranhenses, précédée de deux randonneurs
    Photo: KBS

    Pour traverser dunes et lagunes, Jihee a suivi un trek de 3 jours dans les Lençóis Maranhenses, organisé et encadré par l’équipe de PlanetaEXO et des guides locaux. Son récit est à découvrir ci-dessous !

    Ce qu’elle était venue filmer

    Avant même d’atterrir, Jihee avait une image bien précise en tête : « Je voulais filmer des lagunes bleues qui surgissent derrière chaque dune, de l’eau au beau milieu de ce qui ressemble à un désert sans fin. »

    L’autre volet de sa mission : les gens. Elle voulait rencontrer les voyageurs qui traversent le parc à pied plutôt qu’en 4×4, car elle pressentait que ce choix avait un sens. « J’imaginais que ceux qui choisissaient de marcher au lieu de prendre la voiture avaient peut-être chacun une raison bien à eux, et qu’ils vivaient le paysage plus intensément. »

    Sur ce premier point, le parc a tenu toutes ses promesses. Ce qu’elle avait sous-estimé, c’est l’ampleur des dunes. « Je pensais qu’elles seraient concentrées dans certaines zones, mais elles s’enchaînaient sans fin pendant nos trois jours de trek », reconnaît-elle. « Je n’avais pas mesuré à quel point le paysage était immense. »

    Autre surprise, d’un tout autre genre : elle n’avait pas prévu de se baigner. « Je n’avais pas imaginé que j’aimerais autant nager là-bas, mais les lagunes étaient tout simplement irrésistibles. »

    Des randonneurs marchent sur une dune de sable blanc au bord d’une lagune turquoise dans les Lençóis Maranhenses
    Photo: KBS

    👉 À lire aussi : Les plus belles lagunes des Lençóis Maranhenses : le désert aux mille lagunes du Brésil

    Un paysage sans point de comparaison

    Des déserts, Jihee en a vu dans plusieurs pays. C’est justement pour cela qu’aucune comparaison ne tenait. « Je n’avais jamais rien vu de pareil : d’innombrables lagunes éparpillées sur une immense étendue de dunes, avec de petits villages installés au cœur de ce paysage », s’émerveille-t-elle.

    Ce dernier détail, peu de voyageurs s’y attendent : les Lençóis Maranhenses ne sont pas déserts. De petites communautés vivent dans le parc et tout autour, reliées entre elles par des sentiers de randonnée. C’est même grâce à ces villages que la traversée est possible, puisqu’on y mange et qu’on y dort.

    Un endroit comparable en Corée, ou dans un autre pays où elle a travaillé ? Sa réponse est brève. « J’ai beaucoup voyagé, mais les Lençóis Maranhenses sont vraiment uniques : ils ne ressemblent à rien de ce que j’avais vu jusque-là. »

    👉 À lire aussi : 10 faits sur les Lençóis Maranhenses, Brésil

    Les enfants, les fleurs et un autre rapport au temps

    Interrogée sur les habitants, Jihee parle d’abord des enfants. « Pour eux, nous n’étions pas de simples touristes : ils avaient l’air sincèrement heureux de nous accueillir et de passer du temps avec nous », se souvient-elle. Son groupe s’est baigné avec eux dans les lagunes, « et ils nous ont même offert des fleurs qu’ils avaient cueillies juste à côté. C’était un moment plein de chaleur humaine. Je crois que je ne l’oublierai jamais. »

    La différence culturelle qui l’a le plus frappée ? Ni la cuisine ni la langue, mais le temps. « En Corée, nous avons l’habitude d’aller vite et de suivre des horaires très cadrés », explique-t-elle. « Aux Lençóis, en revanche, chaque journée semblait s’écouler plus naturellement, au gré de la météo, de l’environnement et des liens entre les gens. »

    Elle se garde bien de tomber dans le cliché. « Je ne dirais pas simplement que c’était une vie plus lente, mais plutôt une vie qui semblait plus en phase avec les rythmes de la nature. »

    Jihee Yeon tient de petites fleurs jaunes au bord de l’eau, avec un enfant du coin en arrière-plan
    Photo: KBS

    👉 À lire aussi : Formation des dunes et lagunes des Lençóis Maranhenses : comprendre les dunes de sable et les lagunes du Brésil

    Première nuit en hamac pour Jihee

    Le long du trek, pas de lits : dans les campements et les maisons d’hôtes des villages, les voyageurs dorment en hamac. Une première pour Jihee, et l’un de ses meilleurs souvenirs du voyage.

    « J’ai particulièrement aimé passer la nuit avec les autres voyageurs, allongés dans nos hamacs, à discuter », dit-elle. « C’était beaucoup plus confortable que je ne l’imaginais, et j’ai compris pourquoi les habitants des villages préfèrent les hamacs aux lits. »

    Sur ce voyage, les guides ont eu une tâche qu’on leur confie rarement : pendant trois jours, Jihee a transporté un lourd matériel de tournage dans le sable mou. « Le guide m’aidait à porter mon matériel et vérifiait sans arrêt si j’avais besoin d’un coup de main pendant que je filmais », salue-t-elle. À partir du deuxième jour, le groupe s’est joint à un autre, plus nombreux, et le programme s’est resserré, mais « même là, le guide a tout fait pour faciliter mon tournage ».

    Les hébergements, les guides, l’organisation du voyage dans son ensemble : « J’ai été très satisfaite de toute l’expérience », résume Jihee.

    Vue aérienne de maisons au toit de paille dans un village entouré de verdure et de lagunes dans les Lençóis Maranhenses
    Photo: KBS

    👉 À lire aussi : Où séjourner aux Lençóis Maranhenses ?

    Avant le lever du soleil, allongés sur le sable

    Pour Jihee, le plus beau moment du trek n’avait rien à voir avec le tournage. « Mon moment préféré, c’était de partir avant le lever du soleil et de nous allonger ensemble sur le sable pour regarder les étoiles. »

    Au-delà des paysages, ce qui a le plus frappé Jihee, ce sont ses compagnons de marche : elle restait concentrée sur le tournage, eux savouraient le voyage à un tout autre rythme. « Ils prenaient leur temps et profitaient de ce paysage à perte de vue sans se presser », se rappelle-t-elle. « Ils sentaient le sable sous leurs pieds, se baignaient dans les lagunes et s’asseyaient même au bord de l’eau pour lire. »

    « Ils ne se contentaient pas de regarder les Lençóis Maranhenses : ils les vivaient pleinement, avec tout leur corps », confie-t-elle. « Ça m’a profondément marquée. »

    Ciel étoilé au-dessus d’abris en paille et de hamacs pendant le trek dans les Lençóis Maranhenses

    👉 À lire aussi : Combien de jours aux Lençóis Maranhenses ?

    Les conseils de Jihee pour un premier séjour aux Lençóis Maranhenses

    Ses conseils ont une légitimité un peu particulière : sur ce trek, elle était la seule à ne pas pouvoir les suivre. Travailler caméra en main l’obligeait à bouger sans cesse avec beaucoup de matériel, et elle en a payé le prix. « J’étais tellement occupée que je n’avais parfois ni le temps ni la disponibilité d’esprit pour m’imprégner pleinement du paysage devant moi, et je le regrette », admet-elle.

    Elle a tout de même tiré de ses journées dans les dunes quelques leçons précieuses.

    Jihee Yeon et une compagne de trek au bord d’une lagune, au milieu des dunes des Lençóis Maranhenses
    Photo: KBS

    Voyagez le plus léger possible

    Sur un trek entièrement à pied, dans le sable mou, chaque kilo en trop pèse à chaque pas. Jihee l’a appris à ses dépens : avec un lourd matériel de tournage sur le dos, elle a eu fort à faire.

    Ne vivez pas vos journées montre en main

    Ceux qui viennent simplement en voyageurs devraient « prendre leur temps et s’autoriser à profiter pleinement du paysage ».

    Pour Jihee, la meilleure façon de vivre les Lençóis Maranhenses, c’est de laisser le parc dicter le rythme, et non la montre.

    Jouez le jeu à fond

    « Je conseillerais aux visiteurs de venir prêts à s’ouvrir sans réserve au paysage et à toute l’expérience, comme l’ont fait mes compagnons de voyage. » Autrement dit : se baigner dans les lagunes, dormir en hamac et rester immobile assez longtemps pour vraiment s’imprégner du lieu.

    👉 À lire aussi : 10 conseils pour profiter pleinement de votre voyage aux Lençóis Maranhenses

    Le Brésil, un pays sûr ? La réponse franche de Jihee

    Jihee a enchaîné cinq destinations avec un équipement de tournage coûteux, en travaillant souvent en pleine rue. Belém et l’île de Marajó dans le Pará, São Luís et les Lençóis Maranhenses dans le Maranhão : partout, sa réponse est sans appel. « Je me suis sentie parfaitement en sécurité et à l’aise. Je pouvais me promener librement la nuit et filmer dans la rue avec mon matériel posé à côté de moi, sans me sentir menacée. »

    Le seul endroit contre lequel on l’avait mise en garde avant de partir, c’était Salvador, à Bahia. Sur place, pourtant, les choses ne se sont pas passées comme elle s’y attendait. « Dès mon arrivée, les gens autour de moi se sont mis en quatre pour m’aider », raconte-t-elle. Les habitants et les chauffeurs Uber « m’ont expliqué avec soin quelles précautions prendre et quels endroits éviter. Comme ils veillaient sans cesse sur moi, je ne me suis jamais sentie en danger pendant mon séjour là-bas. »

    « D’après mon expérience, je ne garde pas du Brésil l’image d’un pays dangereux », ajoute-t-elle. « Je m’en souviens comme d’un endroit où j’ai pu voyager en toute sécurité et où les gens ont pris soin de moi avec beaucoup de chaleur. »

    Le groupe de randonneurs pose avec un drapeau PlanetaEXO dans les Lençóis Maranhenses

    👉 À lire aussi : Comment se rendre aux Lençóis Maranhenses ?

    Le Brésil peut-il devenir la prochaine grande tendance en Corée ?

    L’attachement des Brésiliens à la culture sud-coréenne n’a rien d’un secret. Mais l’inverse est-il vrai ? Nous avons posé la question à Jihee, en lui demandant aussi si la tendance « Brazilcore » qui circule sur les réseaux sociaux était déjà arrivée en Corée.

    « Les Coréens associent depuis longtemps le Brésil à la passion et à une énergie débordante. La samba est très connue en Corée, où on l’entend souvent en fond sonore dans les émissions de télévision », répond-elle.

    Le frein, selon elle, ce n’est pas l’intérêt, c’est le calendrier. « La plupart des Coréens n’ont pas de très longues vacances. » Rien que le trajet jusqu’en Amérique du Sud engloutit une bonne partie de leurs congés, explique Jihee. Beaucoup combinent donc plusieurs pays dans un même itinéraire pour que le vol en vaille la peine.

    Une bonne piste, d’après Jihee : proposer des parcours clairs, calés sur le temps dont les Coréens disposent vraiment, pour les attirer vers les destinations nature du Brésil comme les Lençóis Maranhenses, l’Amazonie ou le Pantanal. « Si l’on proposait des informations et des itinéraires permettant de bien découvrir la diversité du Brésil en un temps limité, davantage de Coréens pourraient se laisser tenter par cette destination. »

    Pour les voyageurs qui ont plus de marge, en revanche, elle n’a aucune inquiétude, vu l’immensité et la richesse du pays. « Un voyageur indépendant qui a plus de temps pourrait facilement passer un mois au Brésil sans cesser de découvrir de nouveaux endroits. »

    👉 À lire aussi : Quelle est la Meilleure Période pour Aller au Brésil ?

    Où Jihee veut filmer la prochaine fois

    Un seul tournage ne lui a pas suffi : Jihee veut revenir explorer la facette du Brésil qui lui a échappé, les villes. « J’aimerais beaucoup découvrir de grandes villes comme São Paulo et Rio de Janeiro. Je suis très curieuse de savoir à quoi ressemble la vie urbaine au Brésil. »

    Sur sa liste figure aussi Campos do Jordão, ville de montagne de l’État de São Paulo surnommée la « Suisse du Brésil » pour son architecture européenne et son climat frais. Comme elle est venue en hiver, elle a été fascinée d’apprendre à quel point cette saison peut y différer de celle des régions du nord et du nord-est qu’elle a parcourues.

    « Pendant ce voyage, j’ai découvert la forêt tropicale, des îles, des dunes, des lagunes et des villes du littoral atlantique », note-t-elle. « La prochaine fois, j’aimerais beaucoup filmer un tout autre visage du Brésil. »

    Une personne assise sur une dune à côté d’un trépied photo, face à une lagune des Lençóis Maranhenses

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    Partir en trek dans les Lençóis Maranhenses avec PlanetaEXO

    Vous venez de parcourir le parc à travers les yeux de Jihee. Vous savez désormais ce que les Lençóis Maranhenses ont à offrir : des dunes qui s’étendent bien plus loin que vous ne l’imaginiez, des lagunes où personne ne résiste à l’envie de se baigner, des nuits en hamac entre compagnons d’aventure et des villages aux habitants chaleureux et accueillants.

    PlanetaEXO est une plateforme d’écotourisme spécialisée dans les circuits aux Lençóis Maranhenses. Avec des guides et des opérateurs locaux expérimentés, nous nous occupons de toute la logistique, de votre première réservation à votre dernière baignade dans une lagune : vous n’avez plus qu’à profiter de l’expérience. Contactez-nous dès maintenant !

  • Trois nuits dans le Pantanal Sud : le récit animalier de Sandy au Brésil

    Trois nuits dans le Pantanal Sud : le récit animalier de Sandy au Brésil

    Une habituée du Brésil, un fils qui découvre le pays, trois nuits au bord du rio Miranda : Sandy raconte

    Sandy McKelvey, 63 ans, voyage au Brésil depuis presque toute sa vie d’adulte. Professeure d’anglais langue seconde dans un community college de New York, elle parle portugais : plus jeune, elle a dirigé une entreprise au Brésil et sillonné le pays pendant 12 ans.

    Elle a vécu à Bahia et à Pernambuco, et connaît aussi Ceará, Belém do Pará, Manaus, Minas Gerais, Natal, São Luís do Maranhão, Santarém, Rondônia et Acre. Une seule région lui avait toujours échappé, celle que lui avait recommandée un ami biologiste installé à Corumbá, ville aux portes de la zone humide : le Pantanal.

    L’occasion est venue de son fils, Robert, et de ses deux semaines de vacances. Comme il découvrait le Brésil, Rio de Janeiro et São Paulo se sont imposés en début de parcours. Restait à trouver le contraire de la grande ville pour finir le voyage : Sandy a choisi l’immense zone humide de 210 000 km² qui s’étend sur le Mato Grosso et le Mato Grosso do Sul.

    En août 2026, Sandy et Robert ont passé trois nuits dans un lodge au bord du rio Miranda, lors d’une Excursion dans le Pantanal à petit budget organisée par PlanetaEXO et encadrée par un guide local. Elle nous a tout raconté : c’est à lire ci-dessous !

    Ce qu’elle imaginait, et ce qu’est vraiment le Pantanal

    Sandy est arrivée avec les images des documentaires animaliers en tête. Sur place, elle a trouvé une terre de travail, et à grande échelle : l’élevage bovin occupe une bonne partie du Pantanal Sud.

    “Je me suis rendu compte qu’une grande partie du Pantanal, ce sont des terres agricoles, des fazendas, de l’élevage de bétail”, raconte-t-elle. “Et ça se tient. Ce n’était pas exactement ce que j’avais imaginé, mais c’était très intéressant quand même. J’ai vraiment aimé.”

    Elle savait aussi qu’un milieu sauvage ne se commande pas, surtout côté animaux. Robert espérait quand même croiser un fourmilier. Raté de ce côté-là, mais la mère et le fils ont vu des capybaras, des caïmans, des buffles, des singes hurleurs et beaucoup de très beaux oiseaux.

    Un repère utile dans le Pantanal : la saison sèche, de juillet à octobre environ, rassemble les animaux autour de l’eau qui reste et offre les meilleures chances d’observation. Le Pantanal a beau être la meilleure destination du Brésil pour voir la faune, la nature suit son propre rythme, et c’est justement cette part d’imprévu qui rend l’écotourisme aussi authentique.

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    Dans le Pantanal, votre guide est votre meilleur allié

    Demandez à Sandy ce qui a fait ce voyage : elle vous répondra Bobby, son guide. “Ce qui a rendu ce voyage si spécial, c’est notre guide. Il était tout simplement formidable.”

    À l’entendre, son travail ne s’arrêtait jamais. “Il scrutait les alentours en permanence pour repérer les animaux. Et honnêtement, s’il n’avait pas été avec nous, nous n’aurions rien vu, parce qu’ils se cachent. L’exemple qui lui revient sans cesse : une troupe de singes hurleurs, très haut et très loin. “Il a juste remarqué des branches qui bougeaient et il a dit : ‘Regardez, des singes hurleurs !’ C’était incroyable”, s’émerveille-t-elle.

    Coïncidence amusante : Bobby s’est révélé proche de ce même ami de Corumbá, ce qui a rendu le séjour encore plus riche et plus personnel.

    L’autre moitié du voyage, ce sont les conversations avec lui. Sandy a posé des questions du début à la fin, et elle a découvert un Brésil qu’elle n’avait rencontré ni à Bahia ni à Pernambuco. “J’ai aimé rencontrer des gens différents de ceux que j’ai connus dans d’autres régions du Brésil”, dit-elle.

    Sa conclusion est aussi le conseil le plus simple et le plus précieux. N’allez jamais dans le Pantanal sans guide. Ce serait une perte de temps totale.”

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    En remontant un bras de rivière plus étroit, la faune de très près

    Dans tout le programme, une sortie se détache : la deuxième excursion sur la rivière, celle qui remontait le courant vers un bras d’eau plus étroit, là où Sandy a vu le plus d’animaux.

    La scène qu’elle raconte le mieux s’est passée dans une zone marécageuse envahie de végétation, où le bateau s’est simplement arrêté. “On est restés là un moment, et on a fini par comprendre qu’on était complètement encerclés, se souvient-elle. Des dizaines de caïmans de tous les côtés.

    Et au milieu d’eux, marchant sur la végétation, un jaçanã, l’oiseau que les habitants appellent oiseau Jésus-Christ pour sa façon unique de “marcher sur l’eau”. Ses pattes démesurées, aux doigts fins et aux ongles très longs, répartissent son poids sur les plantes aquatiques et lui permettent de glisser à la surface avec une aisance surprenante.

    “Il était là, juste au milieu de tous les jacarés, et personne ne dérangeait personne”, ajoute-t-elle. “Ils étaient simplement là, ensemble. J’ai trouvé ça très beau.”

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    Une journée de pêche restée en mémoire, contre toute attente

    La pêche aux piranhas fait partie du programme habituel du lodge où Sandy et Robert logeaient, mais l’idée ne l’enchantait pas. Le créneau de son groupe, pris par d’autres, a été repoussé au dernier jour. “Je me disais que ce serait expédié et pas terrible”, admet-elle.

    Surprise totale : c’est devenu l’un des meilleurs moments du séjour. La différence, encore une fois, c’est le guide. “En fait, c’était super amusant. Sans Bobby, ça ne l’aurait pas été.” Sandy avait entendu parler d’autres groupes rentrés bredouilles, qui avaient abandonné. Bobby, lui, a posé une règle : personne ne s’arrête tant que tout le monde n’a pas attrapé un poisson.

    “Chacun d’entre nous a attrapé un poisson. Il nous redonnait de la viande et nous expliquait tout. On n’a pas arrêté avant que tout le monde en ait pris un”, raconte-t-elle avec le sourire.

    Un collier, une machette et une demi-heure de tressage

    La dernière activité du séjour, c’était une courte marche sur un sentier. Là encore, l’œil d’un professionnel a tout changé. “On n’aurait rien remarqué s’il ne nous avait pas montré certaines choses, comme des arbres bien précis”, souligne Sandy.

    À un moment, Bobby s’est arrêté devant une plante grasse et a montré au groupe comment extraire les fibres d’une feuille à la machette. Puis il les a tressées jusqu’à obtenir un lien assez solide pour tenir. C’était un bracelet destiné à Robert, mais la longueur n’allait pas et il l’a offert à quelqu’un d’autre. Aucun problème : il en ferait un autre pour Robert.

    Il a coupé une deuxième feuille, puis l’a rapportée. Le lendemain, juste avant la pêche, Bobby et Robert s’y sont mis à deux. Ce sera finalement un collier et non un bracelet : une dent de caïman que le guide avait sur lui, une seconde fibre tressée pour la couleur contrastée, et environ une demi-heure de travail.

    “C’était d’une beauté incroyable, parce que ce type est clairement un artiste autant qu’un guide, dit-elle. “Totalement inattendu. [Bobby] voulait juste que [Robert] reparte avec un joli petit souvenir.”

    Un accueil au top et une journée brûlante

    Sandy et Robert savaient que leur hébergement, le Pantanal Jungle Lodge, serait rustique mais confortable. “C’est un peu brut, mais on s’y attendait et ça nous plaît”, précise-t-elle. Ils ont pris l’un des lits superposés et partagé la chambre avec deux autres voyageurs. “Ça s’est très bien passé. Tout le monde était super poli.

    Le reste de son verdict tient en une phrase, toujours dans le même ton : “La nourriture était vraiment bonne et tous les clients étaient très sympathiques.” Le lodge donne directement sur le rio Miranda, ce qui fait déjà la moitié du travail : elle a photographié des oiseaux sans quitter la propriété.

    Le séjour lui a plu, mais la chaleur a pesé. Le Pantanal est naturellement chaud et, selon la saison, sec. Un matin en particulier, pendant une balade à cheval, a été très éprouvant. “Il devait faire environ 100 °F (38 °C). Il faisait vraiment chaud et nous étions en plein soleil.”

    L’après-midi, le groupe est parti en kayak à contre-courant. “J’aime beaucoup le kayak, mais il faisait tellement chaud. À ce moment-là, je me suis dit : je suis épuisée par la chaleur.” Elle précise qu’elle a été la seule dans ce cas. “C’était juste moi. J’avais du mal avec la chaleur.”

    La météo pèse énormément sur le déroulement d’un itinéraire et sur l’expérience de chacun, dans le Pantanal comme dans n’importe quelle destination nature. Connaître ses limites, comme Sandy l’a fait, reste la décision la plus sage !

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    Le Pantanal était-il sûr ? La réponse franche de Sandy

    Sandy ne répond pas à cette question avec naïveté. Elle a vécu au Brésil, connu le meilleur comme le pire dans les grandes villes brésiliennes, et elle reste attentive à sa façon de s’y déplacer.

    Sur le Pantanal, sa réponse a fusé. “Je me suis sentie à 100 % en sécurité. Vous n’avez même pas à vous demander où vous laissez votre portefeuille ou votre sac”, affirme-t-elle.

    Les animaux ne l’ont pas inquiétée non plus. “Je n’ai jamais eu peur des animaux. Ça ne m’a même pas traversé l’esprit”, dit-elle. “On est dans un grand bateau. C’est sûr.” Elle a aussi remarqué le sérieux de l’organisation. “[L’équipe] veillait vraiment à ce que tout le monde porte un gilet de sauvetage.”

    Prochaine étape : l’Amazonie (avec sa fille, cette fois)

    Le voyage dans le Pantanal en a déjà déclenché un autre. Sa fille arrive au Brésil pour la première fois, et toutes les deux mettent le cap sur Manaus puis sur l’Amazonie, que Sandy a connue il y a des années et n’a plus revue depuis.

    C’est un beau duo à s’offrir dans une vie. L’Amazonie est une forêt : dense, verticale et mystérieuse. Le Pantanal est une zone humide ouverte, où l’eau attire les animaux à portée de regard.

    Elle connaît le Brésil de l’intérieur, et son coup de cœur est sans appel : Salvador, à Bahia, l’une des villes où elle a vécu. “C’est tellement particulier, tellement chargé d’histoire : la culture, la musique. Si vous allez au Brésil, il faut absolument voir Salvador.”

    👉 À lire aussi : Pantanal ou Amazonie : lequel choisir ?

    Découvrir le Pantanal Sud avec PlanetaEXO

    Maintenant que vous avez suivi le récit de Sandy, vous savez ce que le Pantanal Sud offre vraiment : une zone humide où l’on travaille, où il faut aller chercher les animaux au lieu de les voir défiler, et où un guide capable de lire la berge fait tout le voyage.

    PlanetaEXO est une plateforme d’écotourisme spécialisée dans les circuits du Pantanal Sud. Avec des guides et des opérateurs locaux expérimentés, nous prenons en charge la logistique (transfert depuis Campo Grande, lodge, repas et programme d’activités) pour que vous n’ayez plus qu’à regarder la nature, de votre première réservation à votre dernière sortie en bateau. Contactez-nous dès maintenant !

  • Vue aérienne de l’Uakari Floating Lodge, ses cabanes aux toits rouges alignées le long d’une passerelle sur le lac, dans la réserve de Mamirauá

    8 choses à savoir sur l’Uakari Floating Lodge, au cœur de la réserve de Mamirauá

    D’un scientifique lancé sur la piste d’un singe rare à un lodge construit à même le fleuve : voici quelques faits sur Uakari Lodge, au plus profond de la réserve de Mamirauá, au Brésil

    Sur un tronçon du Solimões, près de Tefé, se cache l’un des hébergements les plus singuliers de la région : un lodge flottant en Amazonie brésilienne, entièrement construit sur l’eau. L’Uakari Floating Lodge est installé au cœur de la réserve de développement durable de Mamirauá, une aire protégée de 1 124 000 hectares de forêt inondée, la várzea. Il monte et descend avec le fleuve, jusqu’à 12 mètres par an.

    Le lodge doit son nom au singe à la face écarlate qui peuple cette forêt. Depuis près de trois décennies, il compte parmi les tout premiers exemples d’écotourisme communautaire en Amazonie, cogéré par un institut fédéral de recherche et par les communautés riveraines qui vivent ici toute l’année.

    Passerelle en bois au-dessus du fleuve menant à une cabane sur pilotis sous un coucher de soleil orangé en Amazonie
    Photo: Gui Gomes

    Envie de savoir pourquoi cet hôtel flottant, planté au milieu d’une réserve protégée, vaut une longue remontée du fleuve ? PlanetaEXO, plateforme d’écotourisme spécialisée dans les voyages en forêt amazonienne au Brésil, a réuni ces 8 faits sur Uakari Lodge, en Amazonie brésilienne. Découvrez-les ci-dessous !

    1. L’Uakari Floating Lodge existe parce qu’un scientifique cherchait un singe rare

    Dans les années 1980, le primatologue brésilien José Márcio Ayres arrive dans la région avec un objectif précis : étudier le singe ouakari chauve, celui-là même qui donnera son nom au lodge. Il y découvre une zone menacée par une exploitation hors de tout contrôle.

    Décidé à mettre l’écosystème régional à l’abri, il propose dès 1985 de créer un sanctuaire protégé. L’initiative débouche sur la station écologique de Mamirauá en 1986, puis sur la fondation de l’Instituto Mamirauá en 1998, l’institut fédéral de recherche qui gère le lodge aujourd’hui encore.

    Ayres décroche son doctorat à Cambridge avec une thèse consacrée aux ouakaris et à la forêt inondée d’Amazonie, nourrie d’un travail de terrain mené près de Tefé. Uakari Lodge est né directement de ces recherches, vers 1998, dans le prolongement d’un laboratoire flottant que l’Institut exploitait déjà dans la réserve. Depuis près de 30 ans, il accueille des voyageurs et réinvestit sans relâche les revenus du tourisme dans les projets des communautés locales.

    Singe ouakari blanc au visage rouge et glabre et à la fourrure pâle et hirsute, perché sur une branche couverte de lichen dans la forêt amazonienne
    Photo: André Zumak

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    2. Des fondations flottantes taillées dans l’un des bois les plus légers d’Amazonie

    Contrairement à la plupart des constructions riveraines, Uakari Lodge ne repose pas sur pilotis : il flotte pour de bon.

    Les bâtiments tiennent sur d’énormes troncs d’assacu (Hura crepitans), un arbre amazonien qui peut dépasser les 30 mètres de haut et dont le bois est exceptionnellement peu dense, autour de 0,36–0,38 g/cm³ : assez léger pour maintenir tout un bâtiment à flot sur le fleuve.

    Le projet architectural est né à l’intérieur même de la réserve : les chercheurs de l’Instituto Mamirauá l’ont mis au point avec l’AAGEMAM, l’association des guides riverains. Ensemble, ils ont transposé le savoir-faire traditionnel des constructions flottantes amazoniennes à un lodge pensé pour les voyageurs.

    Bungalows flottants aux toits rouges de l’Uakari Floating Lodge vus depuis l’eau à travers les branches
    Photo: Gui Gomes

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    3. Un lodge géré par un institut de recherche et par la communauté locale

    L’Uakari Floating Lodge appartient à l’Instituto Mamirauá, organisme fédéral de recherche officiellement fondé en 1999 et rattaché au ministère brésilien de la Science, de la Technologie et de l’Innovation.

    Au quotidien, il est cogéré avec l’AAGEMAM, l’association qui représente les communautés riveraines de la réserve, ce qui donne aux habitants un pouvoir de décision direct sur la façon dont leur propre aire protégée accueille les visiteurs.

    Cette protection est solidement reconnue par les institutions. Avec ses 1 124 000 hectares de forêt inondée de type várzea, là où le Solimões rejoint le Japurá, la réserve de développement durable de Mamirauá a été inscrite comme zone humide d’importance internationale au titre de la convention de Ramsar en 1993. En 2003, son aire de démonstration a été intégrée au complexe de conservation de l’Amazonie centrale, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

    4. Esprit pionnier et grandes crues du fleuve

    Le 12 juillet 1996, la signature d’une loi fait de Mamirauá la toute première réserve de développement durable du Brésil, une catégorie d’aire protégée créée spécialement pour elle.

    Rien à voir avec les régions d’eaux noires : cette plaine d’inondation d’eaux blanches, la várzea, connaît des variations saisonnières extrêmes. Entre les basses eaux (de septembre à novembre) et les hautes eaux (de mai à juillet), le niveau varie d’environ 10 à 12 mètres, avec des pointes locales qui atteignent 16 mètres.

    La forêt qui entoure le lodge reste submergée environ quatre mois par an. C’est exactement pour cette raison qu’Uakari a dû apprendre à flotter.

    Forêt de várzea inondée en bordure du fleuve dans la réserve de Mamirauá, un oiseau survolant l’eau

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    5. Un séjour rythmé par les canoës, pas par les routes

    Aucune route ne traverse une forêt inondée : ici, chaque activité se fait en canoë ou en petit bateau, des excursions dans la forêt noyée aux sorties nocturnes à la recherche des caïmans, en passant par la pêche traditionnelle du piranha, l’observation des dauphins roses et la visite guidée de l’une des communautés riveraines de la réserve.

    L’Uakari Floating Lodge propose des séjours de 3, 4 ou 7 nuits, auxquels s’ajoute un programme d’observation des oiseaux de 4 nuits pour les voyageurs venus cocher la liste des espèces de la réserve. Petite structure isolée, avec une poignée de chambres seulement, l’hôtel demande en général que les enfants aient plus de 10 ans.

    Y arriver demande un peu d’organisation : vous rejoignez d’abord Manaus en avion, puis un vol intérieur d’environ 1 heure vous emmène à Tefé, dans l’Amazonas, avant un transfert en bateau de 1h30 à 2h jusqu’au lodge.

    Guide pagayant une pirogue avec deux voyageurs dans la forêt inondée d’Amazonie
    Photo: Gui Gomes

    👉 Découvrez l’aventure : Uakari Lodge : voyage en écolodge dans la forêt amazonienne au Brésil

    6. Des choix durables, récompensés au niveau mondial

    Le lodge produit sa propre électricité grâce à l’énergie solaire, récupère l’eau de pluie pour les besoins des voyageurs et traite ses eaux usées avant qu’elles n’atteignent le fleuve.

    Cet engagement durable auprès des communautés a été salué dans le monde entier en 2015. Uakari Lodge a décroché la médaille d’argent de la catégorie « Best for Poverty Reduction » aux World Responsible Tourism Awards, une distinction partagée avec deux autres finalistes internationaux seulement. Le prix distingue un modèle conçu pour ramener les retombées économiques directement vers les villages riverains.

    L’équipe attend sur le ponton en bois de l’Uakari Floating Lodge au coucher du soleil à l’arrivée d’un bateau
    Photo: Gui Gomes

    7. L’un des meilleurs endroits au monde pour observer le dauphin rose d’Amazonie

    Les eaux qui entourent l’Uakari Floating Lodge abritent l’une des plus fortes densités de dauphin rose d’Amazonie (boto-cor-de-rosa) jamais enregistrées : jusqu’à 61 individus par kilomètre carré dans les zones de confluence, aux côtés du tucuxi, le petit dauphin gris de fleuve, présent lui aussi à 64 individus par kilomètre carré.

    Les dauphins sont loin d’être les seuls habitants des lieux. La réserve compte aussi des jaguars, des caïmans noirs, des paresseux, des coatis et, bien sûr, celui qui a donné son nom au lodge : le ouakari chauve, aussi appelé ouakari blanc, une espèce que l’on ne trouve pratiquement nulle part ailleurs sur la planète.

    Deux dauphins tucuxi gris faisant surface sur les eaux calmes du fleuve amazonien
    Photo: Gui Gomes

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    8. Uakari Lodge a contribué à sauver de la disparition l’un des plus gros poissons d’Amazonie

    Avec les communautés riveraines, l’Instituto Mamirauá a mis sur pied un programme participatif de gestion du pirarucu (Arapaima). C’est aujourd’hui l’un des cas de reconstitution de population de poissons les mieux documentés au monde.

    Les pêcheurs locaux surveillent eux-mêmes les lacs gérés et en recensent régulièrement les stocks : le pirarucu d’Amazonie y est passé d’environ 2 500 à plus de 190 500 individus en 2018. C’est en grande partie grâce à ce travail que l’espèce est sortie de la liste brésilienne des animaux menacés.

    Le modèle a depuis été repris dans d’autres régions de l’État d’Amazonas. C’est le prolongement direct de l’approche qui a fait naître Uakari Lodge : la conservation par le tourisme.

    Pirarucu (arapaima), l’un des plus grands poissons d’eau douce d’Amazonie, sous l’eau

    👉 À lire aussi : Projets de conservation de la forêt amazonienne : 8 initiatives à soutenir en 2026

    Visiter l’Uakari Floating Lodge avec PlanetaEXO

    Maintenant que vous savez comment la quête d’un singe rare a donné naissance à cet hôtel flottant d’Amazonie, l’un des lodges les plus tournés vers les communautés locales de toute la région, il ne vous reste qu’une chose à faire : voir la réserve de Mamirauá de vos propres yeux.

    Plateforme d’écotourisme dédiée aux voyages en écolodges dans l’Amazonie brésilienne, PlanetaEXO entretient un partenariat de longue date avec l’Uakari Floating Lodge. Nous travaillons directement avec les opérateurs locaux : notre équipe compose des séjours sur mesure dans la réserve, sans rien à gérer de votre côté. Contactez-nous dès maintenant !

  • 10 conseils de voyage pour le Mont Roraima pour réussir votre ascension

    10 conseils de voyage pour le Mont Roraima pour réussir votre ascension

    Porteurs, permis, équipement, papiers et météo pour le tepui de 2 810 mètres posé sur la frontière vénézuélienne : les décisions qui font une expédition réussie

    Le Mont Roraima culmine à 2 810 mètres là où se rejoignent le Venezuela, le Brésil et le Guyana. Son plateau sommital de grès, 33–50 km², s'est formé il y a 1,8 milliard d'années. L'érosion des couches supérieures, il y a 180 millions d'années, a fait le reste : le tepui Roraima, ceinturé de parois verticales de 400 à 1 000 mètres.

    Cette géologie commande toute la logistique. Le Venezuela en détient 85 % (10 % pour le Guyana, 5 % pour le Brésil), et tous les treks commerciaux partent de Paraitepuy, village Pémon côté vénézuélien. Le versant brésilien, lui, relève du parc national du Monte Roraima et de la terre indigène Raposa Serra do Sol : escalade technique de la paroi et feu vert préalable de l'ICMBio. Le trekking au Mont Roraima commence donc bien avant le sentier, avec une frontière, des permis et des guides.

    PlanetaEXO, plateforme d'écotourisme spécialisée dans les circuits au Mont Roraima, a réuni 10 conseils sur les porteurs, les permis, l'équipement, la météo et les papiers, chiffres à l'appui. Découvrez-les ci-dessous !

    Trek du Mont Roraima : le bord du plateau sommital au-dessus d'une mer de nuages, la paroi verticale du tepui à droite
    Photo: mariusz_prusaczyk

    1. Engagez des porteurs de la communauté Pémon

    Le premier des conseils de voyage pour le Mont Roraima est d'engager des porteurs privés à Paratepuy avant même de s'engager sur le sentier.

    Sur l'itinéraire de 10 jours, vous couvrez environ 90 kilomètres au total, avec des étapes de 6 à 15 kilomètres par jour sur le plateau. La plupart des agences plafonnent chaque sac à 15 kilos.

    Les porteurs locaux appartiennent au peuple pémon, dont les communautés possèdent les terres que traverse le sentier. En les employant, vous soutenez directement le village qui gère l'accès à la zone. C'est exactement ça, le tourisme communautaire.

    Un porteur pemón chargé sur la piste de savane vers le Mont Roraima, avec les tepuis Kukenán et Roraima au fond

    2. Confiez le passage de la frontière à un opérateur qui connaît le dossier

    En pratique, l'itinéraire passe par le Brésil. Depuis Boa Vista, comptez 220 km (environ 3 heures) sur la BR-174 jusqu'à Pacaraima, seul poste routier entre les deux pays, puis franchissez la frontière vers Santa Elena de Uairén, au Venezuela. Le trek démarre à Paraitepuy, que l'on rejoint après 100 km de plus en 4×4 à travers la Gran Sabana.

    Le Venezuela exige un certificat de vaccination contre la fièvre jaune de toute personne arrivant du Brésil ou transitant plus de 12 heures par un aéroport brésilien, et les règles de visa varient selon la nationalité.

    Les passeports britanniques, canadiens et australiens passent en général sans visa pour un séjour de moins de 90 jours, tandis que les ressortissants américains demandent un e-visa et s'acquittent de 180 dollars de frais, même si le département d'État américain classe le Venezuela en niveau 3, « Reconsider Travel » (reconsidérer le voyage).

    Un spécialiste du trekking au Mont Roraima ne se contente pas de vous guider dans les formalités de frontière et les autres démarches administratives : il prend aussi en charge toute la logistique des transferts, pour un maximum de confort, de tranquillité et de sécurité.

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    Un guide PlanetaEXO montre le tepui Kukenán depuis la savane, sur la route du Mont Roraima
    Photo: Lucas Gobatti

    3. Préparez-vous à une pluie qui arrive de tous les côtés

    Il tombe plus de 1 500 millimètres de pluie par an sur le Mont Roraima, et la météo se fabrique sur le plateau, pas dans la vallée : les prévisions de Santa Elena ne vous apprendront presque rien. Le Mont Roraima, quand partir ? De décembre à avril : c'est la fenêtre la plus sèche, même si les départs ont lieu toute l'année. Mais aucun mois n'est sec ici : même à la meilleure période, le Mont Roraima vous réserve du soleil le matin, des nuages en milieu de journée et de la pluie la nuit.

    Si vous vous renseignez sur les treks guidés là-haut, vous êtes sans doute tombé sur la fameuse pluie inversée du Mont Roraima : de fortes rafales ascendantes, autour de 75 km/h, attrapent l'eau qui tombe et la renvoient vers le ciel avant qu'elle ne touche le sol.

    Contre la pluie du Mont Roraima, prévoyez une veste imperméable ainsi qu'une housse de sac et des sacs étanches pour votre duvet et votre matériel électronique. En pleine nature, protéger ses affaires n'a rien d'un détail. Ajoutez des chaussettes de rechange et une serviette microfibre.

    Deux randonneurs traversent la roche mouillée du plateau du Mont Roraima dans un brouillard épais et la pluie

    4. Entraînez-vous pour La Rampa, pas pour les kilomètres

    L'itinéraire se découpe en étapes bien distinctes :

    • De Paraitepuy au camp de la rivière Kukenán : 15 km en 4 à 5 heures.
    • De la rivière Kukenán au camp de base : 8 km et 750 mètres de dénivelé positif.
    • Montée par La Rampa : une vire naturelle dans la paroi, seul passage non technique jusqu'au plateau sommital, soit 4,5 km en 4 à 5 heures.
    • Exploration du plateau sommital : de 6 à 15 km par jour.

    L'entraînement qui compte ne porte donc pas sur la distance mais sur les montées répétées, avec du poids, sur roche mouillée. Marchez en côte avec un sac chargé dès deux mois avant, ajoutez du vélo ou de la course pour le fond, et travaillez les jambes et les chevilles. Dans la préparation du Mont Roraima, les gués et les blocs glissants font plus de dégâts aux chevilles mal entraînées que l'altitude aux poumons.

    Gravir le Mont Roraima sans compétence technique, c'est possible : sur la voie normale, ni corde, ni matériel, ni passage d'escalade coté. La difficulté du Mont Roraima reste raisonnable pour qui prépare le terrain, et toute personne habituée à marcher peut venir à bout de la montée.

    👉 À lire aussi : L'ascension du Mont Roraima est-elle difficile ?

    Un randonneur, sac protégé par sa housse de pluie, gravit La Rampa, la vire naturelle qui mène au sommet du Mont Roraima
    Photo: Lucas Gobatti

    5. Renseignez-vous sur ce qui vit là-haut avant d'y poser le pied

    Le petit crapaud du Roraima (Oreophrynella quelchii) ne vit qu'entre 2 300 et 2 800 mètres, sur ce sommet et sur le Wei-Assipu-tepui voisin. Il ne dépasse pas la taille d'un ongle, et il faut un guide expérimenté, qui sait précisément où chercher, pour espérer en voir un.

    La plante carnivore Heliamphora nutans, première espèce de son genre jamais décrite, a été repérée sur les pentes du Roraima par Robert et Richard Schomburgk en octobre et novembre 1839. En dehors du Roraima, elle ne subsiste que sur le Kukenán, le Yuruaní, le Maringma et le Wei Assipu, tous du même groupe de tepuis.

    Les sommets des tepuis abritent des écosystèmes uniques : selon le WWF, près d'un tiers de leur flore est endémique. Isolés des basses terres depuis 70 à 90 millions d'années, ils ne sont pourtant pas hermétiques. Une étude de 2012 sur les rainettes de plusieurs tepuis fait remonter leur ancêtre commun à 5,3 millions d'années, preuve que des espèces franchissent ces parois. Pour protéger ces habitats, marchez toujours sur la roche nue et évitez la végétation.

    👉 À lire aussi : 10 choses à savoir sur le Mont Roraima

    Le minuscule crapaud de Roraima (Oreophrynella quelchii) posé sur le bout d'un doigt, sur le plateau sommital
    Photo: @cafred33

    6. Emportez du matériel prévu pour 0 °C

    La semaine commence autour de 25 °C dans la savane et se termine à 5 °C la nuit, avec des journées à 10 °C sur le plateau et des nuits qui frôlent 0 °C dès qu'il pleut. Soit 25 degrés d'écart dans un seul sac, à 5 degrés de latitude nord. C'est pourquoi tant de voyageurs arrivent sous-équipés, trompés par le mot « tropiques ».

    L'équipement du trek au Mont Roraima commence par la nuit : vérifiez que votre sac de couchage est prévu pour 0 °C, avec un matelas isolant en dessous. Ajoutez des bâtons de marche pour la descente, une frontale avec des piles de rechange et des chaussures déjà faites à votre pied. Le trek et le camping au Mont Roraima ne pardonnent pas les chaussures neuves sur une journée de 15 kilomètres.

    Sur le plateau, les nuits se passent sous tente, dans des campements désignés. Le bivouac au Mont Roraima s'installe souvent sous des surplombs rocheux naturels : bonne protection contre le vent et la pluie battante, mais aucune isolation contre l'humidité froide qui remonte du sol de pierre.

    Pensez à une gourde et à un purificateur : l'eau du sommet coule claire dans les vasques du plateau, et il n'y a rien à acheter pendant plusieurs jours.

    Le faisceau d'une lampe frontale sous un ciel étoilé, au bord du plateau du Mont Roraima la nuit
    Photo: @overlandtheamericas

    7. Répartissez vos affaires dans des compartiments étanches

    Quoi emporter au Mont Roraima, et comment ? Tout part dans des sacs étanches, avec les indispensables (crème solaire, en-cas, appareil photo) à portée de main dans une poche extérieure. Répartissez bien le poids : le matériel lourd contre le dos, pour que la charge repose sur les hanches et non sur les épaules.

    Ensuite, allégez. Chaque kilo inutile se paie sur La Rampa, et ce sont les vêtements jamais sortis du sac que les voyageurs regrettent le plus. Misez sur des couches polyvalentes, portées plusieurs fois, plutôt que sur des tenues de rechange : au camp, rien ne sèche.

    Les documents et l'argent liquide voyagent à part, dans leur propre sac étanche. Il vous faut un passeport valable au moins six mois, le certificat de fièvre jaune et des espèces.

    Un randonneur sur la piste de la Gran Sabana, les tepuis Kukenán et Roraima en arrière-plan

    8. Partez sans réseau, et décidez maintenant ce que vous voulez rapporter

    Si vous partez en trekking au Mont Roraima, sachez qu'il n'y a pas d'internet sur le tepui. Entre Paraitepuy et la descente, vous restez hors ligne plusieurs jours. Prévenez vos proches que vous serez injoignable.

    Sans réseau, vous gardez la trace de votre voyage au lieu de le publier en direct. Les repères du plateau : la Vallée des Cristaux, le lac Gladys, le belvédère de La Ventana, la borne du point triple, El Foso et Maverick Rock (le point culminant, à 2 810 mètres). Le froid et l'humidité vident les batteries à toute vitesse : gardez les batteries externes dans des sacs étanches et les piles de rechange dans votre duvet la nuit.

    Un carnet papier survit à des conditions qui tuent un téléphone, et il retient ce que les photos laissent passer. Votre trek s'inscrit dans une communauté mondiale d'explorateurs : chaque image, chaque note, chaque discussion avec les autres marcheurs fera partie de l'histoire que vous raconterez au retour.

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    La silhouette d'un randonneur au bord de la falaise du Mont Roraima au coucher du soleil, au-dessus d'une mer de nuages
    Photo: @watchluke

    9. Creusez l'histoire et la culture locales

    « Tepui » signifie « maison des dieux » en pémon. Le nom « Roraima », lui, vient de roroi, bleu-vert, et de ma, grand. Dans la cosmologie pémon, cette table de pierre est la souche de l'arbre mythique qui portait tous les fruits du monde, jusqu'à ce que Makunaima l'abatte. De là vient le nom de l'expédition Makunaima de 10 jours proposée par PlanetaEXO.

    Côté vénézuélien, les marcheurs traversent le territoire pémon, accompagnés de guides et de porteurs issus de ces communautés. Côté brésilien vivent les Ingarikó, dans le parc national du Monte Roraima et la terre indigène Raposa Serra do Sol, une région qu'ils partagent avec les Macuxi, les Wapichana, les Patamona et les Taurepang.

    Ce versant ne figure sur aucun circuit touristique. Créé le 28 juin 1989, le parc couvre 116 747 hectares et fait l'objet, depuis 2005, d'une gestion partagée entre l'ICMBio (Institut Chico Mendes de conservation de la biodiversité), la FUNAI (Fondation nationale des peuples autochtones) et les Ingarikó.

    Everard im Thurn et Harry Perkins ont signé la première ascension documentée le 18 décembre 1884, guidés par des habitants qui, eux, avaient sans doute atteint le sommet bien avant. Connaître cette histoire change le regard que vous portez sur le plateau et nourrit les conversations du sentier.

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    La paroi du tepui Kukenán au-dessus de la savane verte, un ruisseau au premier plan
    Photo: @alecio_Cezar

    10. Gardez du jeu dans le programme

    Trois choses bougent sur cet itinéraire, quel que soit le plan : la météo, la frontière et le rythme de la personne la plus lente du groupe.

    Le Mont Roraima : combien de jours ? La durée décide de ce que vous verrez du plateau. La formule en 8 jours compte trois nuits là-haut, avec les Jacuzzis, La Ventana et Maverick Rock. Celle en 10 jours ajoute deux nuits, le point triple, le lac Gladys et une étape dans une communauté autochtone. L'option 12 jours prolonge encore l'itinéraire. La difficulté quotidienne, elle, ne change pas : seul varie le temps passé au-dessus de 2 700 mètres.

    Même avec la meilleure préparation, tout peut bouger sur la montagne. Un campement détrempé, une couverture nuageuse qui efface la vue quelques heures, un groupe parti plus tôt qui occupe déjà les meilleurs abris. Prévoir de la marge dans votre programme transforme ces contretemps en souvenirs.

    👉 Vivez l'aventure : Expédition Mont Roraima : trek de 12 jours au départ de Boa Vista

    Le plateau sommital du Mont Roraima vu du ciel, cerné de nuages, des cascades tombant de ses parois

    Après nos conseils de voyage pour le Mont Roraima, planifiez votre expédition avec PlanetaEXO

    Vous connaissez maintenant les conseils de voyage pour le Mont Roraima qui font la différence sur le tepui. Reste à organiser le départ.

    PlanetaEXO est une plateforme d'écotourisme spécialisée dans les circuits de randonnée et de trekking au Brésil. Nous organisons cet itinéraire depuis Boa Vista avec des guides Pémon et des partenaires qui prennent en charge le passage de la frontière, les permis et les campements. Vous n'avez plus qu'à profiter de la traversée. Contactez-nous !

  • Voyager en Amazonie en toute sécurité : le guide des vrais dangers au Brésil

    Voyager en Amazonie en toute sécurité : le guide des vrais dangers au Brésil

    L'Amazonie est-elle dangereuse ? Voici ce qui présente un risque réel, et comment des professionnels expérimentés rendent le voyage sûr et agréable

    La plus grande forêt tropicale de la planète couvre 5,5 millions de km², dont 60 % en territoire brésilien. L'échelle a de quoi inquiéter, mais le terrain raconte autre chose. Vous vous demandez s'il est possible de visiter la forêt amazonienne sans danger ? La réponse est oui, à condition d'avoir des professionnels expérimentés à vos côtés.

    Guides agréés, opérateurs locaux et lodges en pleine jungle parcourent les mêmes rivières et les mêmes sentiers des centaines de fois par an. C'est cette répétition qui transforme un territoire sauvage en voyage planifié.

    Contrairement à ce que racontent les films, les risques réels sont bien moins cinématographiques. Chaleur, piqûres de moustiques et inconfort pendant les activités en forêt sont les problèmes les plus courants, et tout cela s'évite avec la bonne information et le bon accompagnement.

    Voyageuse au pied d'un arbre géant à contreforts dans la forêt amazonienne, au Brésil

    PlanetaEXO, plateforme d'écotourisme spécialisée dans les circuits dans la forêt amazonienne au Brésil, a réuni dans ce guide tous les vrais dangers de l'Amazonie et la façon dont ils se gèrent sur le terrain. À découvrir ci-dessous !

    La forêt amazonienne, dangereuse ? À quoi ressemble vraiment le risque

    Des prédateurs qui chassent l'homme, une nature sauvage qui avale les gens : l'Amazonie dangereuse que tout le monde a en tête n'existe pas.

    Le danger en Amazonie, quand il existe, est ordinaire, mesurable et classé dans un ordre qui surprend presque tout le monde : la chaleur, les maladies transmises par les insectes, les infections liées à l'eau, les petites blessures loin d'un hôpital, puis la même délinquance opportuniste que dans n'importe quelle grande ville. Les animaux sauvages arrivent en dernier, et de très loin.

    Si un voyage organisé est sûr, c'est pour une raison structurelle. Vous circulez sur des itinéraires fixes, à des horaires fixes, avec un guide professionnellement responsable du groupe. Les bateaux embarquent des gilets de sauvetage, les lodges gardent des trousses de premiers secours, et quelqu'un sait toujours où vous êtes et à quelle heure vous rentrez.

    Voyager en Amazonie en toute sécurité, c'est avant tout voyager correctement, encadré par des professionnels qui veillent sur votre sécurité comme sur votre plaisir.

    Guide local montrant un arbre géant à un groupe de voyageurs lors d'une randonnée guidée en Amazonie
    Photo: Felipe Castellari

    Manaus, la ville-porte de la forêt

    Presque tous les voyages en Amazonie brésilienne commencent à Manaus, ville de plus de 2 millions d'habitants et aéroport d'entrée (MAO) de toute la région.

    Au quotidien, le risque à Manaus est le vol d'opportunité plutôt que la violence, et il recule avec les mêmes habitudes qu'à São Paulo, Lisbonne ou Mexico.

    Pour rester tranquille à Manaus, appliquez le bon sens de n'importe quelle grande ville animée. Téléphone hors de vue dans la rue, Uber et 99 plutôt qu'une voiture prise au hasard au bord du trottoir, pas de sortie seul la nuit dans les zones désertes, argent et cartes répartis en deux endroits, et une copie du passeport sur vous pendant que l'original reste dans le coffre de l'hôtel.

    Réservez vos excursions avant d'arriver, auprès d'un opérateur fiable que vous avez vérifié, plutôt qu'auprès de quelqu'un qui vous aborde au port ou à l'aéroport.

    Le Teatro Amazonas au coucher du soleil à Manaus, ville d'entrée de l'Amazonie brésilienne
    Photo: Rafael Zart

    👉 À lire aussi : Manaus est-elle dangereuse ? Le guide des voyageurs en route vers l'Amazonie, au Brésil

    Forêt amazonienne : les animaux dangereux du Brésil (et pourquoi vous n'en croiserez sans doute aucun)

    En Amazonie, les animaux dangereux, anaconda, jaguar, caïman noir, jararaca, surucucu, anguille électrique, existent bel et bien. En revanche, la liste des voyageurs blessés par eux est très courte.

    La jungle est immense, sa faune dispersée, discrète et surtout nocturne : le feuillage dense dissimule à peu près tout. Sur la majorité des sorties, la difficulté du guide consiste à trouver les animaux pour les visiteurs, pas à les tenir à distance. Les repérer est l'objectif, pas un problème de sécurité.

    Le seul risque animalier appuyé par de vrais chiffres se joue au ras du sol. Entre 2010 et 2020, l'État d'Amazonas a enregistré 16 868 morsures de serpent, dues surtout aux Bothrops (jararacas), puis aux Lachesis (surucucus).

    La morsure de serpent en Amazonie pèse lourd dans les statistiques, mais la plupart des cas concernent des habitants ruraux ou indigènes qui travaillent pieds nus en forêt, ce qui veut dire que le visiteur qui marche sur un sentier balisé, en chaussures fermées, aux côtés d'un guide n'est pas concerné.

    Caïman à la surface des eaux sombres de la forêt amazonienne, au Brésil
    Photo: Marcelo Bonifácio

    En Amazonie, les insectes dangereux sont ceux qui rythment vraiment votre voyage. Les moustiques peuvent transmettre des maladies comme la dengue ou le Zika, tandis que fourmis, guêpes, abeilles et araignées provoquent piqûres, réactions douloureuses et, parfois, une urgence allergique. C'est là que doit porter votre effort de prévention :

    • Appliquez sur la peau exposée un répulsif à 30 % de DEET ou à 20 % minimum d'icaridine, à renouveler toutes les 4 à 6 heures, comme le recommande le CDC pour les voyages sous les tropiques.
    • Traitez vos vêtements à la perméthrine, qui résiste à plusieurs lavages. Ne l'appliquez jamais sur la peau.
    • Portez manches longues et pantalon long sur les sentiers, surtout à l'aube et au crépuscule, quand les piqûres sont les plus fréquentes.
    • Gardez fenêtres et portes fermées la nuit. La plupart des lodges de la jungle amazonienne sont équipés de moustiquaires aux ouvertures, et beaucoup en installent une au-dessus des lits.
    • Secouez vos chaussures et vérifiez l'intérieur chaque matin avant de les enfiler, car scorpions et araignées aiment les recoins sombres et chauds.
    • Oubliez parfums et produits très odorants, qui attirent les insectes, et laissez les vêtements fluo à la maison.

    👉 À lire aussi : 15 animaux d'Amazonie : à la rencontre de la faune sauvage du Brésil

    Chaleur et humidité : le risque que presque tout le monde sous-estime

    Manaus affiche 32 °C de maximale moyenne sur l'année et 81 % d'humidité relative, avec un pic en septembre, le mois le plus chaud, autour de 34 °C, selon les normales climatiques 1991-2020 de l'INMET.

    La température seule se gère. Le vrai danger de la forêt amazonienne, c'est l'humidité : quand elle est élevée, la sueur s'évapore beaucoup moins bien ; or c'est le mécanisme principal de refroidissement du corps. Une activité physique ordinaire devient donc beaucoup plus éprouvante que chez vous, et rester au frais demande un effort supplémentaire.

    L'épuisement dû à la chaleur est plus fréquent lors d'un voyage en Amazonie que n'importe quelle rencontre animale. Les signaux d'alerte : maux de tête, nausées, vertiges, faiblesse, irritabilité, transpiration abondante et diminution des urines.

    Prévenez votre guide dès le premier symptôme. Pris à temps, il ne demande qu'une courte pause à l'ombre ; ignoré, il peut virer au coup de chaleur, une urgence médicale critique en pleine jungle isolée.

    Voyageuse en canoë à l'ombre de la forêt inondée, en Amazonie brésilienne
    Photo: Marcelo Bonifácio
    • Buvez environ 1 litre par heure quand vous marchez sous la chaleur. N'attendez pas d'avoir soif.
    • Emportez des sels de réhydratation : l'eau seule ne remplace pas ce que vous perdez après plusieurs heures de transpiration.
    • Préférez des manches longues claires et à séchage rapide au débardeur. Couvrir la peau tient plus au frais que l'exposer, et cela protège en même temps des insectes et du soleil.
    • Utilisez une crème solaire SPF 30+ et un chapeau à large bord (les formules biodégradables valent mieux pour la rivière).
    • Acceptez le rythme du programme. Les excursions partent aux premières lueurs et marquent une pause en début d'après-midi pour éviter le pic de chaleur, pas pour rallonger l'itinéraire.

    👉 À lire aussi : Quand partir en Amazonie au Brésil ?

    Le vaccin contre la fièvre jaune au Brésil et les autres vaccins que réclame l'Amazonie

    Aucune vaccination n'est exigée des étrangers pour entrer dans le pays. En Amazonie, le vaccin contre la fièvre jaune reste malgré tout fortement recommandé à toute personne qui voyage dans l'Amazonas et dans le reste de la région amazonienne.

    Pour laisser à l'immunité le temps de se construire, faites-vous vacciner au moins 10 jours avant d'arriver dans une zone à haut risque. Selon les règles du certificat international de vaccination révisées par l'OMS en 2014, une dose unique protège à vie.

    Le service municipal de santé de Manaus demande aussi aux voyageurs d'être à jour contre la rougeole, et rappelle que les vaccins contre la fièvre jaune et contre la rougeole ne peuvent pas être administrés le même jour : il faut environ 30 jours d'intervalle entre les deux.

    Ce seul détail explique pourquoi il faut planifier ses vaccins 6 à 8 semaines à l'avance, et non la semaine du départ. Au-delà de ces deux-là, un médecin spécialisé en médecine des voyages passera en revue l'hépatite A et B, le tétanos et la diphtérie, la typhoïde et la rage, selon votre itinéraire.

    Nourriture et eau : ce qui se mange et ce qu'il vaut mieux laisser

    Dans les lodges de la jungle et à bord des croisières sur l'Amazone, mangez et buvez ce qu'on vous sert sans inquiétude.

    Les opérateurs qui reçoivent des voyageurs internationaux filtrent leur eau ou la servent en bouteille et s'approvisionnent auprès de fournisseurs agréés. La plupart des lodges mettent de l'eau potable à disposition, donc une gourde réutilisable mérite sa place dans votre sac.

    Ne buvez jamais d'eau non traitée prise dans un fleuve, un ruisseau ou un igarapé, aussi limpide soit-elle. L'eau de la forêt contient des parasites et des bactéries qu'une surface claire ne trahit pas. Le service de santé de Manaus conseille l'eau en bouteille en ville aussi, et de se laver les mains au savon plusieurs fois par jour.

    En ville, mangez là où il y a du passage et une licence visible. La cuisine de rue fait partie de l'expérience et vaut le détour : choisissez simplement le stand où les habitants du quartier font la queue et où les plats sortent du gril devant vous.

    Poisson grillé entier servi sur des feuilles de bananier avec farofa, citron vert et tomate, en Amazonie brésilienne
    Photo: Felipe Castellari

    👉 À lire aussi : La cuisine amazonienne : 7 plats typiques à goûter en Amazonie brésilienne

    Blessures, maladies et ce qui se passe quand ça tourne mal

    La plupart des incidents médicaux en forêt sont bénins. Ampoules, piqûres d'insectes, tibia écorché, estomac dérangé, cheville tordue sur une racine mouillée.

    Les lodges et les guides disposent de trousses de premiers secours et règlent tout cela sur place. Emportez tout de même votre propre stock de médicaments personnels dans leur emballage d'origine, plus des antalgiques, des antihistaminiques, des antidiarrhéiques, des pansements pour ampoules et des sels de réhydratation. Pour une pharmacie, il faut prendre un bateau, et le trajet peut durer des heures.

    Pour les petits pépins, guides et lodges assurent les premiers soins sur place. Pour les cas graves, les opérateurs appliquent des protocoles stricts de transfert du patient vers Manaus. Selon les autorités sanitaires municipales, la ville compte des unités d'urgence réparties sur cinq zones, dont des centres spécialisés comme la Fundação de Medicina Tropical pour les morsures d'animaux.

    Le système public de santé brésilien est gratuit au moment du soin, y compris pour les visiteurs étrangers, au nom du principe constitutionnel d'accès universel. Reste qu'un service d'urgence public est un filet de sécurité, pas un plan.

    Le plan, c'est l'assurance, et ce qui est écrit en petits caractères compte plus que le prix. Souscrivez un contrat qui couvre explicitement l'évacuation médicale depuis les zones isolées et qui nomme les activités de votre itinéraire : trek, kayak, navigation, camping, etc.

    Les contrats standards excluent presque toujours l'évacuation en zone reculée et les activités d'aventure, c'est-à-dire précisément ce qu'est un voyage en Amazonie. Vérifiez que le rapatriement est inclus et gardez le numéro de contrat quelque part où vous pourrez le lire sans réseau.

    👉 À lire aussi : 10 conseils pour voyager en Amazonie et profiter à fond de l'aventure

    Peut-on se baigner dans l'Amazone en toute sécurité ?

    Sur le bon tronçon, au bon moment, avec l'accord de votre guide, oui, on peut se baigner dans le fleuve Amazone. La baignade fait même partie du programme de la plupart des itinéraires.

    Le Rio Negro est l'eau de baignade classique de la région, et ce n'est pas un hasard : son eau sombre, acide, colorée par les tanins, abrite bien moins de moustiques et de parasites que l'eau blanche, chargée de sédiments, du Solimões. Certains tronçons sont excellents, d'autres beaucoup moins, et la différence ne se lit pas depuis la berge.

    Ce qui rend un tronçon du fleuve Amazone dangereux, ce n'est presque jamais un poisson, mais le courant, la profondeur, les branches immergées et les trous de vase que l'eau sombre vous cache.

    La consigne des pompiers brésiliens pour la baignade en rivière est directe : n'allez pas plus loin que la hauteur des genoux là où le courant est fort. Si un courant vous emporte, nagez en diagonale vers la berge au lieu de lutter de face.

    Les animaux aquatiques méritent eux aussi votre attention, même si le danger est bien moins grave que l'imaginaire collectif ne le laisse croire. Dangereux, le piranha ? Sa réputation dépasse largement les faits : une attaque de piranha sur un humain reste rare ; ces poissons deviennent surtout un peu plus agressifs quand ils protègent leurs œufs. Les anguilles risquent davantage d'immobiliser leur victime que de lui envoyer une décharge, et les caïmans ne se montrent que la nuit.

    Voyageurs se baignant avec des flotteurs à côté du bateau dans le fleuve Amazone, au Brésil
    Photo: Felipe Castellari

    Quelques règles suffisent pour que la baignade en rivière reste sans histoire :

    • Suivez toujours les consignes de votre guide sur le lieu et le moment de la baignade, et n'entrez jamais seul dans l'eau.
    • Restez hors de l'eau la nuit, à l'aube et au crépuscule, quand les caïmans s'approchent des berges.
    • Ne nagez pas avec une plaie ouverte ni après avoir bu de l'alcool.
    • Portez le gilet de sauvetage sur le bateau. Les gilets certifiés par la Marine brésilienne sont la norme chez les opérateurs agréés, et la plupart des accidents concernent des personnes qui n'en portaient pas.
    • Surveillez les enfants dans l'eau en permanence, même dans des hauts-fonds d'apparence calme.

    👉 À lire aussi : Comment se rendre en Amazonie au Brésil ?

    Visiter les communautés locales : le respect est la règle de sécurité

    Les communautés riveraines ribeirinhas et indigènes figurent dans de nombreux itinéraires amazoniens, et plusieurs d'entre elles accueillent les visiteurs chez elles pour des échanges vraiment sincères : cuisine, artisanat et connaissance pratique d'un lieu qu'elles habitent depuis des générations.

    Le tourisme communautaire compte énormément pour la région amazonienne : il apporte un soutien financier et social aux familles locales, tout en soutenant de nombreuses actions de conservation de l'environnement.

    Les peuples isolés relèvent d'une tout autre logique, et le tourisme en est délibérément tenu à l'écart. La FUNAI, l'agence brésilienne des affaires indigènes, recense 115 signalements documentés de groupes indigènes isolés, dont 29 officiellement confirmés, tous situés en Amazonie, soit la plus grande population isolée au monde.

    Le Brésil applique une politique stricte de non-contact : les guides et les opérateurs éloignent systématiquement leurs itinéraires de ces zones protégées. La limite n'est pas seulement juridique : il en va de leur survie, car ces groupes n'ont aucune immunité contre des maladies qu'un visiteur porterait sans même s'en apercevoir.

    Enfants jouant au tir à la corde dans une communauté riveraine de la forêt amazonienne, au Brésil
    Photo: Isadora Sá

    Dans les communautés ouvertes aux visites, l'étiquette locale fait office de première consigne de sécurité :

    • Demandez toujours l'autorisation avant de prendre des photos, en particulier celles des enfants.
    • Ne distribuez pas de bonbons, d'argent ni de cadeaux de votre propre initiative. Votre guide saura vous dire quels objets conviennent, pour éviter des problèmes imprévus après votre départ.
    • Respectez les limites de vos hôtes : observez les familles locales pour savoir où marcher et où vous asseoir.
    • Au moindre doute, demandez d'abord à votre guide. Cette seule habitude évite la plupart des maladresses et tous les impairs.

    👉 À lire aussi : Le tourisme qui garde l'Amazonie en vie

    Connaissez vos limites et parlez franchement

    Les expéditions amazoniennes ne demandent pas toutes le même souffle. Pagayer dans la forêt inondée n'a rien à voir avec une journée entière de trek en jungle ou une nuit en hamac dans un campement isolé. La chaleur et l'humidité constantes ajoutent leur poids : à 32 °C, même une activité légère devient exigeante.

    Si quelque chose ne vous met pas à l'aise, dites-le avant que ça commence. Prévoir des solutions de rechange fait partie du métier, et un groupe qui sait qu'un de ses membres saute la longue randonnée est un groupe qui reste soudé et dans les temps.

    Respecter les limites de son corps et de sa tête est l'un des moyens les plus sûrs de ne jamais se retrouver en mauvaise posture. La personne la plus à risque d'un voyage est celle qui refuse de paraître faible : c'est en forçant au-delà de sa limite qu'on transforme une journée gérable en évacuation.

    Voyageur avec une gourde sur un sentier de jungle dans la forêt amazonienne, au Brésil
    Photo: Marcelo Bonifácio

    Suivez toujours votre guide

    Voyager en Amazonie en toute sécurité tient à une seule habitude : faites ce que votre guide vous dit, et dites à votre guide ce que vous ressentez. Ces professionnels qualifiés lisent la forêt à un niveau qu'aucun visiteur n'atteint en une semaine ni même en un mois.

    Ils savent quelles plantes brûlent, quel bras de rivière est sûr, ce que signifie un changement dans le bruit de la canopée et comment donner les premiers soins à des heures d'un hôpital. Ce savoir ne vous protège que si vous vous en servez.

    Guide accompagnant des voyageurs sur un sentier forestier de l'Amazonie, au Brésil
    Photo: Gui Gomes
    • Restez avec le groupe et sur le sentier. N'entrez jamais seul dans la forêt, même à quelques pas du lodge.
    • Demandez avant de toucher un animal, une plante ou un fruit. Beaucoup sont inoffensifs, plusieurs ne le sont pas, et rien ne les distingue au premier coup d'œil.
    • Déclarez vos médicaments, vos allergies, vos pathologies et vos phobies au moment de réserver votre voyage.
    • Tenez les horaires. Les départs à l'aube et les retours au crépuscule sont des décisions de sécurité liées à la chaleur, à la faune et à la lumière, pas des préférences d'organisation.
    • Posez des questions. Les guides s'y attendent, et un groupe qui comprend pourquoi une règle existe la respecte bien plus fidèlement.

    Voyager en Amazonie en toute sécurité avec PlanetaEXO

    Vous savez maintenant que visiter la forêt amazonienne est sans danger quand vous partez avec des experts et que vous écoutez ce que la nature vous dit : il ne reste plus qu'à réserver votre voyage !

    PlanetaEXO est une plateforme d'écotourisme spécialisée dans les excursions dans la jungle amazonienne, qui travaille avec les meilleurs opérateurs locaux, lodges et guides de la région, ceux-là mêmes qui font de cette forêt un endroit sûr où voyager. Notre équipe se charge de toute la planification et de la logistique ; vous n'avez plus qu'à en profiter. Contactez-nous dès maintenant !

  • Que faire à la Chapada Diamantina, au Brésil

    Que faire à la Chapada Diamantina, au Brésil

    Distance, difficulté, prix d’entrée et ville de départ : pour chacune des 10 attractions de la Chapada Diamantina, voici les chiffres autour desquels construire vos journées

    Le parc national de la Chapada Diamantina, au Brésil, couvre 152 000 hectares de hauts plateaux du centre de la Bahia, répartis sur les communes de Lençóis, Palmeiras, Mucugê, Andaraí et Ibicoara. Créé par décret fédéral le 17 septembre 1985, il fait partie des rares parcs où trois biomes brésiliens se rencontrent à l’intérieur d’un même périmètre : la Caatinga, le Cerrado et la forêt atlantique.

    En une semaine, un itinéraire dans la Chapada Diamantina, en Bahia, vous fait plonger le regard du haut d’une cascade de 340 mètres et nager dans une grotte inondée d’où l’on a sorti un paresseux préhistorique. Et la nuit, vous dormez dans une vallée sans réseau. Sur les parcours les plus fréquentés, l’accès est régulé : l’ICMBio compte plus de 25 000 visiteurs par an sur le seul sentier de la Cachoeira da Fumaça. Envie de savoir que faire à la Chapada Diamantina sans gâcher une journée sur le mauvais sentier ?

    PlanetaEXO, plateforme d’écotourisme spécialisée dans les circuits en Chapada Diamantina, a retenu 10 attractions, avec pour chacune la distance, la difficulté, le prix et la ville de départ. Découvrez-les ci-dessous !

    Vale do Pati

    Le Vale do Pati occupe le cœur du parc national et ne se traverse qu’à pied. La traversée intégrale représente plus de 70 kilomètres en cinq jours, avec une montée jusqu’à près de 1 400 mètres et des étapes quotidiennes de 15 à 25 kilomètres. Aucune route n’y mène. Ni réseau, ni hôtel.

    Vous dormez chez les familles qui vivent encore dans la vallée : elles cuisinent vos repas et louent une chambre. On entre et on ressort par trois points différents (Vale do Capão, Andaraí et Guiné, dans la commune de Mucugê). Résultat, les itinéraires vont de 3 à 8 jours, ce qui en fait le trek le plus modulable du parc.

    Bon à savoir :

    • Villes de départ : Vale do Capão, Guiné ou Andaraí.
    • Distance : plus de 70 km en 5 jours, avec des versions en 3 et en 8 jours.
    • Difficulté : difficile (15 à 25 km par jour avec son sac sur le dos).
    • Guide : indispensable, car le tracé n’est pas balisé et traverse des terrains privés.

    👉 À lire aussi : 10 faits sur Vale do Pati, Brésil

    Cachoeira do Buracão

    Cachoeira do Buracão plonge de 85 mètres dans un canyon de roche stratifiée, près d’Ibicoara, à l’extrémité sud de la Chapada Diamantina. Le sentier de 3 kilomètres qui y mène est court et coté facile à modéré : aucune autre grande cascade de la région n’offre un tel rapport entre l’effort fourni et la récompense.

    La cachoeira do Buracão tombe dans un bassin sombre entre les parois stratifiées du canyon, près d'Ibicoara, vue depuis l'eau

    La chute se trouve à l’intérieur du Parque Natural Municipal do Espalhado. L’accès n’y est possible qu’avec un guide agréé par la commune ou un accompagnateur de visiteurs, et il faut aussi régler un droit d’entrée. Le gilet de sauvetage est obligatoire pour entrer dans le bassin. Après de fortes pluies, le courant peut rendre la baignade impossible, alors même que la cascade, elle, ne fait que gagner en puissance.

    Bon à savoir :

    • Ville de départ : Ibicoara.
    • Distance : environ 3 km à l’aller, sur un sentier facile à modéré.
    • Droit d’entrée et guide : les deux sont obligatoires et s’obtiennent en ville ou auprès de l’association des guides.
    • À combiner avec : la Cachoeira das Orquídeas et la Cachoeira do Recanto Verde, dans la même journée.

    👉 Vivez l’aventure : Grande Randonnée de 6 Jours en Chapada Diamantina

    Morro do Pai Inácio

    Une demi-journée devant vous et toujours un doute sur ce qu’il faut faire dans la Chapada Diamantina ? Commencez ici. Le Morro do Pai Inácio culmine à 1 120 mètres, soit environ 250 mètres au-dessus de la plaine, et la montée depuis l’entrée demande à peine 25 minutes sur un chemin court et raide.

    Coucher de soleil depuis le Morro do Pai Inácio sur les collines à sommet plat et la vallée traversée par la BR-242, dans la Chapada Diamantina

    Du sommet, la carte de la Chapada Diamantina se déplie : les morros Camelo et Três Irmãos, puis toute la largeur de la vallée tranchée par la BR-242. Venez en fin d’après-midi, pour le coucher du soleil, puis filez vers une cascade voisine comme le Poço do Diabo.

    Bon à savoir :

    • Ville de départ : Lençóis ou Palmeiras, à moins d’une heure de route toutes les deux.
    • Distance : environ 500 mètres de montée depuis le parking.
    • Difficulté : facile (la seule étape de cette liste ouverte à ceux qui ne randonnent pas).
    • Prix et horaires : petit droit d’entrée au portail (R$ 12 récemment, à vérifier sur place), de 9h à 17h.

    Cachoeira da Fumacinha

    Fumacinha est la journée la plus dure de cette liste. Les parois qui se referment autour de la chute montent à près de 300 mètres, et le relevé du Projeto Cachoeiras Gigantes a mesuré la cascade elle-même à 210 mètres, bien au-delà des 100 mètres habituellement cités.

    Un randonneur debout sur un rocher dans le canyon fermé de la cachoeira da Fumacinha, minuscule face à des parois de près de 300 mètres

    Le sentier remonte le lit de la rivière depuis la communauté de Baixão et représente 18 kilomètres aller-retour. Pour rejoindre Baixão, comptez déjà 30 kilomètres de piste depuis Ibicoara. Les 3 premiers kilomètres passent tout seuls ; ensuite, on saute de bloc en bloc et on s’aide des mains.

    Sur ce parcours, un guide agréé de la Chapada Diamantina est obligatoire : à la saison des pluies, la rivière devient dangereuse.

    Bon à savoir :

    • Ville de départ : Ibicoara, puis 30 km de piste jusqu’au départ du sentier.
    • Distance : 18 km aller-retour (3 à 4 heures dans chaque sens).
    • Difficulté : difficile (blocs dans le lit de la rivière et passages où l’on grimpe après le km 3).
    • Surveillez la météo : courants puissants à la saison des pluies, débit parfois très faible aux mois secs.

    👉 À lire aussi : Cascades de la Chapada Diamantina : les plus beaux sentiers et les joyaux cachés

    Cachoeira da Fumaça (depuis le sommet)

    Avec ses 340 mètres, la Cachoeira da Fumaça est la deuxième plus haute cascade du Brésil, derrière la Cachoeira da Neblina, à Rio de Janeiro. Le vent saisit l’eau bien avant qu’elle ne touche le fond et la transforme en un voile de gouttelettes. D’où son nom : fumaça veut dire fumée.

    La cachoeira da Fumaça, haute de 340 mètres, vue d'en haut : l'eau se pulvérise en brume et un arc-en-ciel se forme au-dessus de la vallée

    Depuis le Vale do Capão, le sentier fait 12 kilomètres aller-retour, dont 2 kilomètres de marches raides, puis 4 kilomètres de dalles irrégulières jusqu’au belvédère. C’est le sentier régulé le plus fréquenté du parc national de la Chapada Diamantina.

    En haut, aucun bassin où se baigner : la plupart des groupes roulent donc 3 kilomètres de plus jusqu’à la Cachoeira do Riachinho pour se rafraîchir.

    Bon à savoir :

    • Ville de départ : Vale do Capão, dans la commune de Palmeiras.
    • Distance : 12 km aller-retour (environ 5 heures).
    • Difficulté : modérée (les 2 premiers kilomètres concentrent toute la montée).
    • Période : la chute peut disparaître complètement à la fin de la saison sèche.

    👉 À lire aussi : Quand visiter la Chapada Diamantina ?

    Cachoeira da Fumaça (depuis le bas)

    Même cascade, angle inverse, voyage totalement différent. Rejoindre le pied de la chute suppose une traversée de 3 jours entre le Vale do Capão et Lençóis, dans un sens ou dans l’autre, en bivouac, avec votre nourriture, votre eau et votre matériel sur le dos.

    Un randonneur assis au campement contemple la cachoeira da Fumaça par le bas, sur la traversée entre le Vale do Capão et Lençóis

    Au bout de ce trek classique de la Chapada Diamantina, une baignade vous attend dans le bassin naturel, juste au pied de l’immense paroi. En chemin, le sentier traverse une forêt intacte et d’anciennes ruines de l’époque des mines de diamants. Il passe aussi au pied de deux autres cascades : Capivara et Palmital.

    Gardez en tête qu’il n’y a aucune installation sanitaire le long du sentier : chacun redescend avec ses déchets, sans exception.

    Bon à savoir :

    • Villes de départ : Vale do Capão et Lençóis, une à chaque extrémité.
    • Durée : 3 jours, bivouac sauvage, aucun ravitaillement.
    • Difficulté : difficile (sac complet, passages rocheux, traversées de rivière).
    • À emporter : tente, traitement de l’eau, toute votre nourriture et des sacs à déchets.

    👉 Vivez l’aventure : Voyage Chapada Diamantina de 7 jours : Cascades, Grottes et Sentiers

    Poço Encantado et Poço Azul

    Ces deux grottes inondées sont l’étape la plus facile, et sans doute la plus singulière, quand on se demande que voir à la Chapada Diamantina.

    Poço Encantado, à Itaetê, mesure 110 × 70 mètres et dépasse 60 mètres de profondeur. Son eau limpide provient d’une nappe non renouvelable : la baignade y est donc interdite. Du 1er avril au 10 septembre (avec un pic en juin et en juillet), la lumière du soleil traverse une ouverture dans la roche et se pose sur le lac entre 10h et 13h30.

    Un rayon de soleil frappe l'eau bleue du Poço Encantado, dans la salle de la grotte à Itaetê

    Le Poço Azul de la Chapada Diamantina, à Nova Redenção, est alimenté par une eau courante : on peut donc y flotter avec un gilet de sauvetage. C’est aussi un site fossilifère. Des plongeurs y ont remonté un squelette presque complet d’Eremotherium laurillardi, un paresseux terrestre pouvant atteindre 6 mètres pour environ 5 tonnes, disparu depuis quelque 11 000 ans. Le premier crâne est sorti de l’eau en 1995.

    Une visiteuse flotte sur le dos dans l'eau bleue du Poço Azul, les parois de la grotte se reflétant dans le bassin, à Nova Redenção

    Bon à savoir :

    • Villes de départ : Itaetê (Poço Encantado) et Nova Redenção (Poço Azul), à une heure l’une de l’autre.
    • Distance : Poço Encantado est à 140 km de Lençóis, par une piste en terre.
    • Prix : les deux sites sont sur des propriétés privées et l’entrée se paie sur place.
    • Meilleure lumière : d’avril à septembre, entre 10h et 13h30.

    👉 À lire aussi : 10 faits sur la Chapada Diamantina : le parc national de Bahia

    Cachoeira do Mixila

    Haute de 80 mètres, la cascade de Mixila se cache au fond du canyon de la rivière Capivari, qui se resserre jusqu’à 4 mètres de large à son point le plus étroit. On y accède en remontant le lit de la rivière depuis les environs de Lençóis. Il faut sauter de bloc en bloc, puis traverser deux bassins à la nage, sac laissé sur les rochers.

    Une baigneuse sur une bouée lève les bras au pied de la cachoeira do Mixila, haute de 80 mètres, dans le canyon du Capivari
    Photo : @nairaferreiraa

    En une seule journée, la sortie est éprouvante et réservée aux marcheurs très entraînés : comptez environ 25 kilomètres aller-retour, après une approche de 9 kilomètres en voiture, de préférence en 4×4. Avec une nuit de bivouac, le voyage devient bien plus agréable et laisse le temps d’ajouter les cascades Capivari et Poção en chemin.

    Bon à savoir :

    • Ville de départ : Lençóis.
    • Distance : environ 25 km aller-retour.
    • Difficulté : difficile (4 à 5 heures le premier jour, 6 à 7 heures le second).
    • Vous nagerez : deux bassins se franchissent à la nage, alors prévoyez des sacs étanches.

    Cachoeira do Sossego

    Sossego tombe d’environ 20 mètres le long d’une paroi en gradins, au fond d’un canyon. Le bassin est assez large pour le traverser à la nage, et des dalles plates tout autour permettent de sécher au soleil. Depuis Lençóis, en Bahia, l’aller-retour fait 12 kilomètres pour 463 mètres de dénivelé positif, en général bouclés dans la journée.

    Un voyageur au chapeau de paille assis sur le rocher au-dessus du bassin de la cachoeira do Sossego, à 12 kilomètres de Lençóis

    La dernière portion remonte le lit de la rivière sur de gros blocs, avec un passage sous une dalle en surplomb à ne tenter que lorsque le niveau d’eau est bas. Évitez ce parcours après une longue période de pluie : la rivière monte vite et rend les rochers extrêmement glissants.

    Bon à savoir :

    • Ville de départ : Lençóis.
    • Distance : 12 km aller-retour (463 m de dénivelé positif).
    • Difficulté : difficile pour la distance (ce sont les passages de blocs qui font perdre du temps).
    • À éviter : après plusieurs jours de pluie d’affilée.

    👉 À lire aussi : Les 5 meilleures randonnées dans la Chapada Diamantina : sentiers, cascades et distances

    La grotte Lapa Doce et Pratinha

    Lapa Doce, à Iraquara, fait partie d’un réseau souterrain de 42 kilomètres, dont 850 mètres ouverts aux visiteurs. Comptez environ 1h30 sous terre, au milieu des stalactites, des stalagmites et des draperies calcaires. La grotte compte plus de dix entrées et reste la plus visitée de la commune.

    Des visiteurs à la frontale près d'une colonne géante de stalagmites dans la salle de la grotte de Lapa Doce, à Iraquara

    La visite commence par une descente raide sur des escaliers, puis devient facile, à la portée de presque tout le monde. La plupart des visiteurs enchaînent avec Pratinha, à quelques minutes de là : une rivière limpide y sort directement d’une bouche de grotte, et l’on peut s’y laisser flotter, nager avec masque et tuba ou s’élancer sur la tyrolienne. L’entrée se paie sur place dans les deux cas.

    Une nageuse en tuba dans l'eau turquoise et transparente de Pratinha, sous la paroi calcaire stratifiée et parmi les feuilles de nénuphars

    Bon à savoir :

    • Ville de départ : Iraquara, à environ 1h30 de route de Lençóis.
    • Distance : 850 mètres sous terre (environ 1h30).
    • Difficulté : facile (une fois passés les escaliers de l’entrée).
    • Guide : obligatoire à Lapa Doce, avec des droits d’entrée à payer sur place dans les deux cas.

    Chapada Diamantina que faire en priorité ? Planifiez votre voyage avec PlanetaEXO

    Vous connaissez maintenant les incontournables de la Chapada Diamantina : que faire de vos journées ne dépend plus que de votre rythme. Il ne reste qu’à choisir vos étapes et à caler les dates de vos vacances.

    PlanetaEXO est une plateforme d’écotourisme spécialisée dans la randonnée et le trek au Brésil. Nos guides et nos opérateurs locaux connaissent le parc national comme leur poche. Notre équipe organise l’ensemble de votre voyage, de la logistique aux itinéraires sur mesure. Il ne vous reste qu’à en profiter. Contactez-nous dès maintenant !

  • Éco-lodge flottant sur le Rio Negro en Amazonie, vu depuis le bateau au lever du jour

    Explorer l’Amazonie : l’aventure d’Erica dans un lodge flottant au Brésil

    Explorer l'Amazonie : l'aventure d'Erica dans un lodge flottant au Brésil

    Une voyageuse, deux amies et une immersion surprenante dans la plus grande forêt tropicale du monde

    Certains voyages commencent par un lieu, celui-ci a commencé par une date. Erica L., 41 ans, est analyste de recherche aux États-Unis. Quand une amie a fixé son mariage à Rio de Janeiro, Erica y a vu l'occasion parfaite de prolonger le voyage. Après tout, si elle faisait tout ce chemin jusqu'au Brésil, il lui fallait en voir davantage.

    Avec deux amies, elle est partie pour un voyage qu'elle n'oublie pas en Amazonie, logée dans un hôtel autonome de 6 suites qui flotte sur le fleuve, monte et descend avec le niveau de l'eau et fonctionne à l'énergie propre toute l'année.

    Vue aérienne d'une rivière sombre serpentant à travers la forêt amazonienne au Brésil

    Erica et ses amies sont entrées dans la forêt lors d'un circuit de 3 jours dans la jungle amazonienne au départ de Manaus, organisé et encadré par l'équipe de PlanetaEXO et des guides locaux. Nous partageons ici son récit pour montrer ce que vivre la nature veut vraiment dire : des rencontres marquantes avec la faune, des liens avec les habitants et bien plus de confort qu'elle ne l'imaginait. C'est à lire juste en dessous !

    Une extension de voyage qui a dépassé les attentes

    Quand Erica a réservé, ses attentes étaient déjà hautes. Elle avait lu l'itinéraire de PlanetaEXO et vu les photos, mais la réalité a tout dépassé. « L'équipe du lodge en a fait bien plus qu'on imagine. Ils ont été adorables et gentils avec nous », se souvient-elle.

    Ce qui l'a le plus surprise, c'est le niveau de confort. Elle s'attendait à une expédition rude et à des soucis de moustiques (elle avait même fait un petit sermon à ses amies au sujet du répulsif), et ça a été tout l'inverse.

    Le lodge flottant a une belle terrasse sur le toit pour observer les étoiles et une piscine agréable. « C'était très gérable et confortable. Les trajets en bateau étaient tranquilles, 3 heures au maximum, et l'équipe était toujours attentive aux besoins du groupe. »

    Des voyageuses en bateau sur le Rio Negro pendant un circuit de 3 jours en Amazonie au départ de Manaus

    👉 À lire aussi : Lodge en Amazonie : les meilleures adresses au Brésil

    L'hospitalité amazonienne et le sens du détail

    Voyager avec des restrictions alimentaires peut compliquer les choses, surtout dans des zones isolées. Erica est végétarienne et ses deux amies sont véganes. « Honnêtement, j'avais un peu peur qu'elles meurent de faim, parce que ce n'est pas un régime très courant. »

    L'équipe du lodge a pourtant assuré. À chaque repas, des plats principaux et des desserts végétaliens étaient préparés spécialement pour elles avec des légumes et des ingrédients locaux, dans la ligne de l'engagement du lodge pour la durabilité et les pratiques écologiques.

    Suite du lodge flottant en Amazonie avec vue sur la rivière, hamac sur la terrasse et jumelles sur le lit

    👉 À lire aussi : Cuisine amazonienne : 7 plats typiques à goûter au Brésil

    Le guide qui lit la forêt

    Dans une forêt sans panneaux et avec des fleuves qui bougent au fil des saisons, tout repose sur le guide. Les guides d'Erica, Tyson et Josephine, l'ont profondément marquée.

    Tyson connaissait si bien la région que, pendant l'une des sorties, il a prévenu le pilote du bateau : ce serait la dernière fois qu'ils pourraient emprunter cet itinéraire, parce que le niveau du fleuve avait baissé et que ce serait bientôt risqué. « Ça m'a paru dingue de penser à quel point il faut connaître un terrain pour comprendre ça. Mon cerveau n'a cette connaissance de rien du tout », plaisante Erica, impressionnée par un tel niveau de maîtrise.

    L'hospitalité était du même niveau. Sachant qu'une famille française arrivait le lendemain, Tyson est resté debout jusqu'à 3 heures du matin pour apprendre des bases de français et les accueillir du mieux possible.

    Autre surprise : découvrir d'où venait l'équipe. « Je n'avais pas réalisé que tout le personnel venait des communautés autochtones locales », reconnaît-elle. « Rien que ça, c'est l'un des plus beaux aspects du voyage. [L'équipe] était tellement chaleureuse et gentille. C'est l'accueil le plus hospitalier que j'aie connu, tous types de tourisme confondus. »

    Groupe sur un sentier de forêt tropicale avec un guide local pendant un circuit dans la jungle amazonienne

    👉 À lire aussi :

    Des rencontres avec la faune qui restent

    Le groupe a pêché des piranhas et vu des paresseux, des caïmans, de nombreux oiseaux et deux espèces de singes, mais ce sont les dauphins roses de l'Amazonie qui ont volé la vedette.

    « Tyson nous a dit : “Je pense que vous n'allez pas seulement voir des dauphins, je pense que vous allez voir des bancs entiers de dauphins.” Et on y est allés, et on les a vus ! C'était incroyable. Ils pêchaient, sautaient hors de l'eau et sont venus tout près du bateau », raconte Erica, enthousiaste. Les observations ont été assez fréquentes pour que tout le monde puisse filmer.

    Dauphin rose d'Amazonie nageant juste sous la surface du Rio Negro

    👉 À lire aussi : 15 animaux d'Amazonie : découvrez la faune du Brésil

    Est-ce que l'Amazonie est sûre ? La réponse franche d'Erica

    La sécurité revient souvent chez ceux qui découvrent le Brésil. Erica, elle, s'est sentie en sécurité à 100 %. Avant de partir, elle avait lu l'article du blog de PlanetaEXO sur la sécurité à Manaus et pris des précautions de bon sens.

    « Je savais qu'il fallait respecter ce que je lisais. On a toujours pris des Uber Black, et j'ai fait très attention à l'heure à laquelle on rentrait. Je n'ai pas envie d'être plus aventureuse que je ne le serais dans une ville que je connais mieux, donc je n'ai eu aucun problème [nulle part au Brésil] », raconte-t-elle.

    La langue n'a pas été un obstacle non plus. Les bases d'espagnol d'Erica ont suffi, car la langue ressemble au portugais. Au lodge, elle a tenu des conversations entières en espagnol avec le chef et le barman. « Tout le monde a été très patient et gentil. »

    Les conseils d'Erica pour un premier voyage

    Après son séjour, Erica a partagé trois conseils pratiques pour qui prévoit de découvrir l'Amazonie :

    Emportez de petites coupures pour les pourboires

    Erica aurait aimé emporter plus de reais (la monnaie locale) en liquide pour donner un pourboire à chacun des membres de l'équipe (guides, pilotes de bateau et personnel du lodge) qui l'ont accompagnée de façon exceptionnelle. « Je n'avais pas compris à quel point le service serait attentionné et présent. » Elle avait au moins cinq personnes à remercier individuellement.

    Bon à savoir : la culture du pourboire au Brésil n'est pas celle des États-Unis, le service étant souvent inclus dans l'addition et le personnel ne comptant pas dessus. Il fait plaisir, il n'est jamais obligatoire. Si vous souhaitez en laisser un, prévoyez de petites coupures en reais.

    Prévoyez des dons pour les communautés

    Pendant le voyage, le groupe a visité une école locale impressionnante où les enfants apprennent plusieurs langues. Si elle avait su à l'avance que certaines communautés acceptent les dons, elle aurait volontiers apporté des fournitures scolaires.

    « Je ne me permettrais jamais de faire une chose pareille, parce que ça peut être bizarre d'offrir des cadeaux quand personne n'a dit qu'on pouvait le faire », explique-t-elle. Erica conseille de demander à l'avance s'il existe un moyen de soutenir les communautés locales visitées le long de l'itinéraire.

    Glissez des tenues décontractées, façon resort

    Erica s'était préparée à une expédition « extrême » dans la jungle, alors que l'ambiance du lodge était très agréable. « Les voyageurs peuvent prévoir plus de vêtements façon resort ou décontractés pour les moments passés au lodge », conseille-t-elle.

    Éco-lodge flottant aux toits rouges se reflétant sur le Rio Negro, en Amazonie brésilienne

    👉 À lire aussi : La meilleure période pour visiter l'Amazonie au Brésil

    Prochains projets : le Pantanal

    Un seul voyage n'a pas suffi. Le Brésil l'a conquise, et elle pense déjà à revenir. Prochaine destination ? Le Pantanal.

    Grande passionnée de faune (qui a raté les capybaras à Rio de Janeiro !), elle rêve déjà d'aller dans la région pour observer les jaguars.

    Une mère jaguar toilette son petit, au Brésil

    👉 À lire aussi : Où observer les jaguars dans le Pantanal

    Découvrez l'Amazonie avec PlanetaEXO

    Maintenant que vous avez vu l'Amazonie avec les yeux d'Erica, vous savez ce que ce voyage demande vraiment (très peu) et ce qu'il rend : des rencontres spontanées avec la faune, des guides attentifs qui lisent le fleuve comme une carte, une hospitalité haut de gamme et de grands paysages naturels.

    PlanetaEXO est une plateforme d'écotourisme spécialisée dans les voyages en Amazonie au Brésil. Nous travaillons avec les meilleurs opérateurs et prenons en charge la logistique (transferts, lodges, repas et itinéraire) pour que vous n'ayez plus qu'à en profiter. Contactez-nous !

  • Parc du Jalapão, Brésil : le guide de voyage complet

    Parc du Jalapão, Brésil : le guide de voyage complet

    Comment aller au parc du Jalapão, quand partir, ce que sont vraiment les fervedouros, combien de jours prévoir et ce que coûte le séjour

    Tout à l'est du Tocantins, le parc du Jalapão protège des dunes, des plateaux de grès, des cascades et des piscines naturelles alimentées par des sources. Il se trouve en plein cœur du Cerrado, la plus grande savane d'Amérique du Sud : 2 036 448 km², soit 22 % du Brésil, et plus de 12 000 espèces végétales.

    Ce qui distingue le Jalapão des autres parcs brésiliens, c'est l'eau. Dans les fervedouros, des sources souterraines remontent à travers le sable et vous maintiennent à la surface au lieu de vous laisser couler. Tout près, le Rio Novo abrite l'une des trois seules populations connues du harle huppé brésilien, un canard dont il reste moins de 250 individus dans le monde.

    Vous cherchez à savoir quand partir, combien de jours prévoir et ce que coûte réellement le séjour ? PlanetaEXO, plateforme d'écotourisme spécialisée dans les séjours au Jalapão, a préparé ce guide de voyage du Jalapão pour vous aider à organiser chaque étape. On vous dit tout ci-dessous !

    Ce que vous trouverez dans ce guide :

    1. À propos du parc du Jalapão
    2. Où se trouve le Jalapão ?
    3. Comment aller au Jalapão ?
    4. Quand partir au Jalapão ?
    5. Que faire dans le parc du Jalapão ?
    6. Jalapão : combien de jours faut-il prévoir ?
    7. Faut-il un guide pour visiter le parc du Jalapão ?
    8. Combien coûte un séjour au Jalapão ?
    9. Que mettre dans son sac pour le Jalapão
    10. Le Jalapão vaut-il le détour ?
    Vue aérienne d'un fervedouro aux eaux turquoise entouré de palmiers buriti, dans le parc du Jalapão, Tocantins
    Photo : Lucas Guerra

    À propos du parc du Jalapão

    Créé le 12 janvier 2001, le parc du Jalapão est géré par Naturatins, l'agence environnementale de l'État du Tocantins. On lit souvent parc national du Jalapão : il s'agit en réalité du parc d'État du Jalapão, comme l'indiquent son nom portugais, Parque Estadual do Jalapão, et son nom anglais, Jalapão State Park. Il couvre 158 970 hectares (1 590 km²) de cascades, de champs de dunes, de canyons et d'affleurements de grès, auxquels s'ajoutent les sources appelées fervedouros, qui forment des piscines naturelles.

    La région du Jalapão dans son ensemble s'étend sur environ 34 000 km², presque la surface de la Suisse, et le parc n'en couvre qu'une partie. Juste à côté, la Station écologique Serra Geral do Tocantins protège 716 306 hectares de plus, sous la tutelle de l'Institut Chico Mendes pour la conservation de la biodiversité. Avec les réserves voisines de Bahia, du Piauí et du Maranhão, l'ensemble forme le plus grand bloc continu de Cerrado protégé du Brésil.

    Le grès sous vos pieds est plus vieux que tout le reste. Ces roches appartiennent au groupe Urucuia, déposé au Crétacé. Les géologues y lisent d'anciens champs de dunes : il y avait ici un désert, pas une mer. C'est ce même grès poreux qui stocke puis relâche lentement l'eau souterraine, celle qui alimente les sources, les rivières et les cascades que vous venez voir.

    La région est aussi un pôle d'artisanat durable, construit autour du capim-dourado (l'herbe dorée) et de la fibre de buriti. La récolte est encadrée : selon l'arrêté Naturatins 362/2007, l'herbe dorée ne peut être récoltée que du 20 septembre au 30 novembre, uniquement par des cueilleurs enregistrés, et les fleurs sont dispersées au sol pour que la plante se ressème. La loi d'État 3 594/2019 régit le reste de la filière.

    Où se trouve le Jalapão ?

    Le parc du Jalapão occupe l'est du Tocantins, à environ 300 kilomètres de Palmas, la capitale de l'État. La région s'étend sur plusieurs municipalités, dont Ponte Alta do Tocantins, Mateiros et São Félix do Tocantins. La Serra do Espírito Santo, la crête plate qui domine l'horizon, culmine à environ 900 mètres.

    « Isolé » n'est pas une figure de style ici. Mateiros, la porte d'entrée principale du parc, comptait 2 748 habitants répartis sur 9 589 km² au recensement de 2022, soit une densité de 0,29 habitant par km², selon l'IBGE. C'est exactement cet isolement qui a gardé le paysage intact. C'est aussi pourquoi une carte du Jalapão ne suffit pas à préparer le trajet, et pourquoi la logistique détaillée dans la suite de ce guide compte ici plus qu'ailleurs.

    Comment aller au Jalapão ?

    On entre presque toujours par Palmas, dont l'aéroport Brigadeiro Lysias Rodrigues (PMW) est le plus proche du parc. Trois compagnies le desservent (Gol, Azul et LATAM), avec environ 240 départs par mois sur des liaisons directes vers São Paulo, Brasília et Belo Horizonte, entre autres.

    Depuis Palmas, comptez au moins 4 heures de route jusqu'à Mateiros ou São Félix do Tocantins, les deux villes qui servent de base à la plupart des voyageurs. Le 4×4 est indispensable : quelques tronçons des routes TO-030, TO-110 et TO-247 ont été asphaltés, mais de longues portions du parcours restent en terre battue ou en sable mou, avec une signalisation très limitée.

    Autre chose à savoir : on découvre le Jalapão en boucle, pas en aller-retour. Les sites sont dispersés dans toute la région, si bien que les itinéraires entrent par un côté et ressortent par l'autre.

    La plupart des parcours partent de Palmas et y reviennent. Tous les forfaits Jalapão de PlanetaEXO incluent les transferts. Personne ne vous demandera de déchiffrer des pistes de sable sans panneau : vous n'avez plus qu'à profiter du trajet.

    Piste de terre rouge traversant le Cerrado vers le parc du Jalapão, avec un mont tabulaire à l'horizon

    Quand partir au Jalapão ?

    On peut visiter le Jalapão toute l'année, mais la saison sèche, de mai à septembre, reste la période idéale : peu de pluie, ciel dégagé, pistes fiables. Mai est le meilleur compromis, avec un Cerrado encore vert et une humidité élevée juste après la fin des pluies. À mesure que septembre approche, l'air s'assèche et la poussière monte, mais les couchers de soleil donnent les plus belles photos du Jalapão.

    La saison des pluies court d'octobre à avril. Les orages rendent les pistes en terre presque impraticables et la faune plus difficile à repérer. Janvier est le mois le plus arrosé, avec une moyenne d'environ 255 mm de pluie.

    Il ne fait jamais froid. Mateiros affiche une moyenne annuelle de 25,1 °C et environ 1 372 mm de pluie par an. Les écarts de température restent faibles toute l'année : maximales entre 30 °C et 34 °C, minimales entre 15 °C et 20 °C.

    La meilleure période pour visiter le Jalapão dépend donc du décor que vous préférez : végétation verte et cascades pleines pendant les mois humides, accès plus simple et lumière plus nette pendant les mois secs.

    Dunes dorées du Jalapão au coucher du soleil, avec la Serra do Espírito Santo en arrière-plan

    Période Pluie Ce que cela change pour votre séjour
    Mai à juin Très faible Végétation verte, rivières pleines, conduite facile. La fenêtre la plus équilibrée.
    Juillet à septembre Presque nulle Air le plus sec, pistes les plus poussiéreuses, plus beaux couchers de soleil. Haute saison : réservez tôt.
    Octobre à décembre En hausse Retour des orages, paysages qui reverdissent, moins de visiteurs.
    Janvier à avril Maximale (≈255 mm en janvier) Pistes parfois coupées, certains sites plus difficiles d'accès.

    Vue aérienne de la Cachoeira da Velha, la large chute du Rio Novo, dans le Jalapão

    Quel temps fait-il en ce moment au Jalapão, Tocantins ?

    Regardez la météo en direct dans le parc du Jalapão.

    Que faire dans le parc du Jalapão ?

    Le Jalapão ne manque pas d'itinéraires et d'activités pour les amateurs de nature et d'aventure : randonnée, rafting, baignade dans les piscines naturelles du Jalapão, rencontre avec les communautés quilombolas. Voici les activités à mettre au cœur de votre itinéraire au Jalapão.

    Flotter dans les fervedouros du Jalapão

    Les fervedouros du Jalapão sont la première raison qui pousse les gens à venir. L'eau remonte par une fracture du grès et traverse un lit de sable dont elle maintient les grains en suspension permanente. Résultat : aucun fond solide sous les pieds, et un courant ascendant qui vous garde en surface.

    Le sel et la densité de l'eau n'y sont pour rien, et aucun phénomène comparable n'a été documenté ailleurs. La plupart de ces bassins ne font que 1 à 2 mètres de profondeur, et pourtant vous ne touchez pas le fond à l'endroit où la source jaillit.

    Les plus connus sont les fervedouros do Soninho, Ceiça, Buritizinho et Bela Vista. Ce dernier est le plus large de la région et le seul à disposer d'un restaurant et d'un hébergement sur place.

    Plusieurs fervedouros fonctionnent désormais avec des créneaux horaires et un nombre maximal de personnes dans l'eau. Votre guide les programmera donc plutôt en début ou en fin de journée.

    Le Rio Novo en rafting

    Pour une dose d'adrénaline plus forte, la descente du Rio Novo en rafting enchaîne des rapides de classe III et IV. La même rivière abrite l'une des dernières populations du harle huppé brésilien (Mergus octosetaceus), classé En danger critique par l'UICN, avec moins de 250 individus dans le monde : les portions calmes se transforment en séance d'observation des oiseaux. Les descentes font en général halte sur les plages de sable de la rivière.

    Quatre voyageurs en raft orange dans les rapides du Rio Novo, au Jalapão

    Les cascades

    La Cachoeira da Formiga tombe dans un bassin d'eau verte assez claire pour qu'on en voie le fond. C'est la baignade la plus facile du parc.

    La Cachoeira da Velha, sur le Rio Novo, c'est tout l'inverse : large et puissante, on la regarde plus qu'on ne s'y baigne, et c'est de là que partent la plupart des descentes en rafting.

    Baigneurs sous l'eau turquoise et limpide de la Cachoeira da Formiga, au Jalapão
    Photo : @viagemnarelacao

    Sentiers, dunes et levers de soleil

    Commencez la journée tôt, avec le lever du soleil depuis la Serra do Espírito Santo, une crête de grès qui approche les 900 mètres. Terminez-la sur les dunes du Jalapão, seul champ de dunes du Cerrado brésilien, dont les plus hautes culminent à 40 mètres.

    Le sable de ce désert du Jalapão vient de la Serra elle-même : le vent l'arrache à la roche et le dépose au même endroit depuis des millénaires.

    Groupe de randonneurs sur un sentier de roche rouge dans le Cerrado du parc du Jalapão

    Les communautés locales

    La communauté quilombola de Mumbuca, à Mateiros, est le berceau de l'artisanat en herbe dorée qui fait aujourd'hui vivre des dizaines de familles dans la région. La visite comprend en général les ateliers, un repas fait maison et le récit de la façon dont la récolte a fini par être réglementée.

    Environ 54 familles participent à la récolte annuelle, que la communauté célèbre lors de la Festa da Colheita do Capim Dourado.

    👉 À lire aussi : Que faire à Jalapão ?

    Jalapão : combien de jours faut-il prévoir ?

    Quatre jours, c'est le minimum réaliste. Le parc du Jalapão est vaste, ses sites sont dispersés et chacune des bases, de Ponte Alta à Mateiros et São Félix do Tocantins, en couvre une partie différente. Cette durée vous laisse voir les incontournables sans passer le séjour entier dans un véhicule.

    Gardez le temps de route en tête. Rejoindre l'une ou l'autre des villes-portes demande au moins 4 heures depuis Palmas, et les trajets entre les sites à l'intérieur de la région prennent plus de temps que la carte ne le laisse croire. Si votre programme est serré, ce sont les visites qui en font les frais.

    Cinq ou six jours changent la nature du séjour. Ces journées supplémentaires ouvrent des randonnées plus longues, des sites en dehors du parcours principal, des matinées tranquilles dans les fervedouros avant l'arrivée des groupes à la journée et du vrai temps passé avec les communautés locales.

    Coucher de soleil sur le Cerrado du Jalapão, palmiers buriti se découpant sur un ciel orangé

    Faut-il un guide pour visiter le parc du Jalapão ?

    Rien ne l'impose, mais partir avec un guide professionnel est vivement recommandé. Le Jalapão sans guide se complique vite : les pistes sont en sable et en terre, réservées aux 4×4, et la signalisation est quasi inexistante. Avec une densité de 0,29 habitant par km² à Mateiros, vous pouvez rouler des heures sans croiser personne à qui demander votre route.

    Une visite guidée règle aussi la logistique qu'on organise mal à distance : le transport aller-retour depuis Palmas, l'horaire de chaque fervedouro, les autorisations et l'accès aux visites communautaires, et l'assistance si une piste est emportée. Elle limite votre impact sur les sites et fait entrer des revenus dans les communautés qui les entretiennent.

    Un guide aide un voyageur à gravir une échelle le long d'une paroi rocheuse, dans le parc du Jalapão

    Combien coûte un séjour au Jalapão ?

    Les prix au Jalapão dépendent de la durée de l'itinéraire, de la taille du groupe et des activités que vous ajoutez.

    Chez PlanetaEXO, les tarifs démarrent aujourd'hui à 560 € par personne pour le séjour de 4 jours au départ de Palmas, 730 € pour l'aventure de 5 jours et 990 € pour le trek de 6 jours.

    Ces tarifs comprennent un guide professionnel, l'hébergement, le petit-déjeuner et le déjeuner, tous les transports sur place et l'entrée des sites au programme. Le prix par personne baisse à mesure que le groupe grandit et monte en juillet (le mois de pointe) : un même itinéraire peut donc varier de plus de 30 % selon la date et le nombre de participants.

    Un détail à anticiper : certaines activités sont vendues en option, dont le lever du soleil à la Serra do Espírito Santo et le rafting sur le Rio Novo. Décidez avant de partir, car elles changent à la fois le prix et le rythme de vos journées.

    👉 Découvrez les aventures :

    Voyageur assis au bord d'une falaise de grès au lever du soleil, face à la plaine du Cerrado, au Jalapão

    Que mettre dans son sac pour le Jalapão

    Adaptez vos affaires à votre itinéraire : les journées de marche, les cascades et le rafting ne demandent pas le même équipement. Voici la liste que nous recommandons à tous les voyageurs :

    • Chemise à manches longues avec protection UV
    • Pantalon de randonnée (modèle léger ou legging)
    • Chaussures de randonnée ou baskets confortables avec une bonne adhérence
    • Chaussures d'eau ou une deuxième paire de baskets que vous pouvez mouiller pour le rafting
    • Crème solaire et répulsif anti-insectes
    • Chapeau ou casquette
    • Lunettes de soleil
    • Gourde ou bouteille d'eau
    • Sac à dos de 20 litres maximum pour les sentiers
    • Veste légère pour les nuits plus fraîches de mai à septembre, quand les minimales descendent à 15 °C
    • Veste de pluie entre octobre et avril : les pluies les plus fortes tombent de décembre à mars
    • Vêtements légers et maillot de bain

    Voyageurs avec sacs à dos et chapeaux à un belvédère du Jalapão, devant la plaine du Cerrado

    Le Jalapão vaut-il le détour ?

    Le parc du Jalapão vaut le détour pour une raison très concrète : peu d'endroits réunissent, à quelques heures les uns des autres, un champ de dunes, des rapides de classe IV, des cascades d'eau claire et un phénomène de source documenté nulle part ailleurs, le tout dans le bloc de Cerrado le mieux préservé du Brésil.

    Ajoutez les communautés quilombolas et l'artisanat en herbe dorée, et le séjour devient autant culturel que sportif.

    Visiteur face à deux hautes cascades tombant dans un canyon de grès rouge, au Jalapão

    Prêt à découvrir le parc du Jalapão ?

    Maintenant que vous savez quand partir au Jalapão, comment y aller et combien de jours prévoir, il ne vous reste qu'à choisir votre itinéraire.

    PlanetaEXO est une plateforme d'écotourisme spécialisée dans les séjours au Jalapão. Avec les meilleurs opérateurs et guides locaux du Tocantins, nous prenons en charge la logistique 4×4, l'hébergement et le rythme des visites pour que vous puissiez vous concentrer sur les paysages. Contactez-nous dès maintenant !

  • Vue aérienne des chutes d'Iguazu au coucher du soleil, avec des dizaines de cascades au milieu de la Forêt atlantique, Brésil.

    10 faits sur les chutes d’Iguazu : la merveille naturelle que se partagent le Brésil et l’Argentine

    Du nom guarani donné à l’eau jusqu’à la lave qui a creusé le canyon, voici 10 faits sur les chutes d’Iguazu, l’un des plus impressionnants systèmes de cascades du monde

    La rivière Iguazu naît dans la Serra do Mar, la chaîne côtière qui borde Curitiba. Au lieu de rejoindre l’Atlantique tout proche, elle tourne le dos à l’océan et file vers l’ouest sur 1 320 kilomètres à travers l’État du Paraná. Quelques kilomètres avant de se jeter dans le fleuve Paraná, à l’endroit précis où se rencontrent le Brésil, l’Argentine et le Paraguay, elle bascule par-dessus le rebord d’un plateau de basalte. Cette chute, ce sont les chutes d’Iguazu.

    La rivière coule en territoire brésilien sur presque toute sa longueur, mais elle ne sert de frontière que sur ses derniers kilomètres, là où elle tombe. Le partage des chutes d’Iguazu, en Argentine et au Brésil, est donc bien plus inégal qu’on ne l’imagine. L’Argentine possède près de 80 % des chutes, le Brésil environ 20 %.

    Chutes d'Iguazu vues d'un belvédère dans la forêt, sous les gros nuages d'orage de la saison des pluies, Brésil.
    Photo: Gaborsz

    On visite les chutes d’Iguazu au Brésil et en Argentine, mais pas pour les mêmes raisons : l’Argentine concentre l’essentiel des chutes elles-mêmes, et c’est depuis la rive brésilienne que l’on embrasse tout le site d’un seul regard. Alors, que garde encore pour lui un endroit aussi célèbre ?

    PlanetaEXO, plateforme d’écotourisme spécialisée dans les Circuits aux chutes d’Iguazu au Brésil, a réuni ces 10 faits sur les chutes d’Iguazu. Découvrez-les ci-dessous !

    1. La signification d’Iguaçu

    En guarani, Iguaçu se découpe en deux mots, « y » veut dire eau, « guasu » veut dire grand. La fusion de ces deux mots, donnent la grande eau. Ceux qui vivaient au bord de cette rivière bien avant la moindre carte l’ont décrite en deux syllabes, sans un seul adjectif.

    L’orthographe, elle, change avec la frontière : Iguaçu en portugais, Iguazú en espagnol, Iguassu dans les vieux textes anglais. Le sens ne bouge jamais.

    Une femme observe les chutes d'Iguazu, un arc-en-ciel se formant dans les embruns, Brésil.
    Photo: Thiago Rocha

    2. Une légende kaingang fait des chutes une blessure de la terre

    Une légende de la culture indigène kaingang attribue l’origine des chutes à la fureur d’un dieu serpent, fils de Tupã, le dieu créateur et maître du tonnerre dans la mythologie tupi-guarani.

    M’Boi, divinité serpent et gardien des eaux, exigeait chaque année le sacrifice d’une jeune femme. Naipi lui avait été promise. Un guerrier nommé Tarobá était tombé amoureux d’elle, et pendant la cérémonie censée la consacrer, tous deux ont fui en canoë au fil de la rivière.

    M’Boi l’a appris. Furieux, il s’est enfoncé dans la terre et a tordu son corps, ouvrant une immense faille en travers de la rivière, dans laquelle l’eau s’est engouffrée. Naipi est devenue l’un des rochers plantés au centre des chutes, frappé par le courant pour toujours. Tarobá, lui, est devenu un palmier penché au-dessus de la gorge, assez près pour la voir, jamais assez pour l’atteindre.

    Lisez le fait suivant sur les chutes d’Iguazu et vous verrez que la légende et la géologie décrivent exactement la même fracture !

    Vue panoramique des cascades des chutes d'Iguazu depuis le côté brésilien du parc national de l'Iguaçu, Brésil.
    Photo: Miriam Duran

    3. Les chutes ont été taillées par l’une des plus grandes coulées de lave de l’histoire de la Terre

    Il y a 125 à 115 millions d’années, pendant l’éclatement du Gondwana et l’ouverture de l’Atlantique sud, d’immenses fissures continentales ont craché de la lave basaltique. Les coulées ont recouvert environ 1,2 million de kilomètres carrés et se sont empilées sur 1 500 mètres d’épaisseur.

    C’est la formation Serra Geral, la plus grande coulée de lave basaltique jamais observée sur une croûte continentale. La même roche affleure de l’autre côté de l’océan, en Namibie, où elle porte le nom d’Etendeka.

    En refroidissant, la lave a posé les fondations des chutes. Le basalte se fracture verticalement en colonnes bien distinctes et se détache horizontalement d’une coulée à l’autre. Au sommet, une dalle solide de 8 à 10 mètres coiffe l’ensemble et protège les couches plus tendres qui se trouvent en dessous. L’eau s’infiltre dans ces joints fragiles, creuse la base peu à peu, puis la dalle finit par céder en gros blocs.

    Voilà une chute décrite en termes mécaniques : l’eau n’use pas la roche de façon régulière, elle la sape par en dessous. Le récit kaingang dit que la terre a été déchirée. Le basalte est d’accord.

    Chutes d'Iguazu au coucher du soleil, la brume montant entre les cascades et la forêt, Brésil.

    4. Plus larges et plus hautes que le Niagara, et un jour 26 fois plus puissantes qu’elles-mêmes

    Iguazu aligne officiellement 275 chutes sur un front de 2,7 kilomètres. La hauteur des chutes d’Iguazu se mesure à la Gorge du Diable (Garganta do Diabo), qui plonge de 82 mètres. Comparez avec les chutes du Niagara, larges de 1,2 kilomètre pour une cinquantaine de mètres de haut, ou avec les chutes Victoria et leurs plus de 1,6 kilomètre.

    Ces 275 chutes, cela dit, sont une moyenne un peu généreuse. Aux chutes d’Iguazu, le nombre de cascades oscille en réalité entre 150 et 300 selon le niveau de la rivière. Un mois sec, les plus petites se réduisent à un filet, puis disparaissent. En crue, des chutes séparées fusionnent en un rideau continu. Autrement dit, vous ne voyez pas la même chute que le visiteur venu avant vous.

    Le débit des chutes d’Iguazu le dit plus crûment. La moyenne s’établit à 1 746 mètres cubes par seconde. Le 9 juin 2014, la rivière Iguaçu a fait basculer 45 700 mètres cubes par seconde par-dessus le rebord. Vingt-six fois sa propre moyenne, et environ dix-neuf fois ce que déplace le Niagara un jour ordinaire.

    Les chutes d’Iguazú sont plus d’une fois et demie plus hautes que celles du Niagara. La différence est si marquée que l’ancienne Première dame des États-Unis, Eleanor Roosevelt, aurait laissé échapper un « Mon pauvre Niagara ! » lors d’une visite au Brésil en 1944, en découvrant l’immensité d’Iguazú.

    La Gorge du Diable aux chutes d'Iguazu, mur de cascades au débit puissant sous un nuage d'embruns, Brésil.
    Photo: Ondrej Bocek

    5. Un oiseau des chutes traverse le rideau d’eau pour aller dormir derrière

    Le martinet vieillard (Cypseloides senex) mesure environ 18 centimètres et fait quelque chose qui ressemble à une erreur. Au crépuscule, il fonce droit vers les chutes, disparaît dans le rideau blanc, puis ressort un peu plus tard de ce qui a tout l’air d’un mur d’eau compact.

    Derrière la nappe, sur la roche verticale et trempée, il construit un nid plat en forme de disque, fait de mousse et de petits cailloux liés par de la boue, et y pond un seul œuf. Les colonies s’accrochent aux falaises, à côté et derrière l’eau qui tombe. La logique est défensive : un mur qu’aucun prédateur grimpeur ne peut escalader, protégé par une eau qu’aucun prédateur volant ne traversera.

    Les martinets ne tiennent que grâce à la forêt qui les entoure. Ensemble, le parc brésilien et le parc argentin forment le plus grand vestige protégé de la Forêt atlantique de l’intérieur : plus de 2 000 espèces de plantes, plus de 400 oiseaux et environ 80 mammifères, dans un biome qui a perdu l’essentiel de sa couverture d’origine.

    Cette rareté explique aussi pourquoi la plus forte concentration d’oiseaux de la Forêt atlantique, autour d’Iguazu, ne se trouve pas dans la forêt. Parque das Aves, à la porte du parc brésilien, a ouvert en 1994 sur 16 hectares de forêt et abrite aujourd’hui plus de 1 300 oiseaux de plus de 130 espèces, dont plus de 90 % sont originaires de la Forêt atlantique. Plus de la moitié proviennent de saisies liées au trafic et de cas de maltraitance, et non d’une cage d’élevage.

    Le parc ne fait pas que recueillir : il reproduit aussi des espèces pour les relâcher. Ses grandes volières, que les visiteurs traversent, permettent aux oiseaux destinés à la réintroduction de garder leur condition physique et leurs comportements naturels, tandis que des programmes comme « Voa, Jacutinga » s’attachent à la reproduction de la pénélope à front noir pour repeupler sa forêt d’origine.

    Des martinets vieillards posés sur la paroi humide derrière le rideau d'eau des chutes d'Iguazu, Brésil.
    Photo: José Mário S. Cassiano

    👉 À lire aussi : 20 Animaux du Brésil : Faits sur la Faune et Lieux pour les Observer

    6. Les chutes d’Iguazu sont l’un des derniers bastions du jaguar dans la Forêt atlantique

    Un fait pour les amateurs de faune sauvage. Depuis 2005, le Projeto Onças do Iguaçu côté brésilien et le Proyecto Yaguareté côté argentin comptent ensemble les jaguars du Corridor vert, un animal après l’autre, dans un recensement binational répété tous les deux ans.

    L’édition 2022 a installé 224 stations de pièges photographiques (72 au Brésil et 152 en Argentine) sur 582 123 hectares et en a rapporté 3 763 photos de 55 jaguars adultes.

    La population que suivent ces caméras a connu une trajectoire brutale. Entre 1990 et 1995, la région en comptait environ 400 à 800. En 2005, il n’en restait plus que 9 à 11. Le recensement de 2022 en a dénombré près de 93 sur l’ensemble du corridor, et celui de 2024 environ 84, dans une fourchette de 64 à 110.

    Ces chiffres sont faibles, et c’est précisément là que tout se joue. C’est l’un des derniers endroits de la Forêt atlantique où une population de jaguars se maintient encore, dans un biome qui couvrait autrefois presque toute la côte brésilienne et ne survit plus aujourd’hui qu’en fragments.

    Depuis les passerelles du parc national, côté brésilien comme côté argentin, personne n’en voit jamais. Les caméras posées par les scientifiques chargés de les protéger, elles, en voient toujours.

    Un jaguar au repos sur une berge herbeuse dans le parc national de l'Iguaçu, Brésil.
    Photo: Sam Power

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    7. Les chutes ont été une propriété privée jusqu’à l’intervention d’un pionnier de l’aviation

    En 1916, Santos Dumont vient voir les chutes et découvre qu’elles appartiennent à un propriétaire privé, un Uruguayen nommé Jesús Val. Le 8 mai, l’homme qui avait fait voler le 14-bis au-dessus de Paris est reçu par Afonso Alves de Camargo, président de l’État du Paraná, et plaide pour que l’État exproprie le terrain et en fasse un parc.

    Moins de trois mois plus tard, le 28 juillet 1916, le décret 653 déclare d’utilité publique 1 008 hectares sur la rive droite de la rivière Iguaçu, à côté de ce qu’on appelait alors les Saltos de Santa Maria. L’expropriation elle-même n’a été réglée qu’en 1919, quand Val a accepté l’indemnisation.

    Les parcs, eux, sont venus plus tard. L’Argentine a créé son parc national de l’Iguazú en 1934, et le Brésil son parc national de l’Iguaçu le 10 janvier 1939, par le décret-loi 1 035 de Getúlio Vargas. L’UNESCO a inscrit le parc argentin en 1984 et le brésilien en 1986.

    Au Brésil, on se souvient de Santos Dumont pour l’avion. À Foz do Iguaçu, on se souvient de Santos Dumont aux chutes d’Iguazu comme de l’homme grâce à qui elles ne sont pas restées derrière un portail privé.

    Portrait de studio sépia du pionnier brésilien de l’aviation Santos Dumont, coiffé d’un chapeau blanc et vêtu d’un costume à rayures
    Photo: Museu Paulista (USP) Collection

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    8. Patrimoine mondial en péril, puis nouvelle merveille de la nature

    Le classement des chutes d’Iguazu à l’UNESCO n’a rien d’un acquis définitif, et le parc a bien failli le perdre. Une route, l’Estrada do Colono, ouverte en 1954, coupe le parc brésilien en deux. Le gouvernement fédéral l’a fermée en 1986, elle a été rouverte illégalement en 1987 et elle est restée en service quatorze années de plus. En 1999, l’UNESCO a placé le parc national de l’Iguaçu sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

    La route a fini par fermer le 13 juin 2001, lors d’une opération menée par les forces armées fédérales et les agences environnementales, qui ont ensuite défoncé la chaussée sur toute sa longueur et y ont mis en terre 25 000 plants. L’UNESCO a retiré le parc de la liste en péril en décembre 2001. La pression pour rouvrir la route, elle, n’a jamais cessé.

    Dix ans plus tard, les gros titres changent de camp. Lors d’un vote public mondial clos à 11 h 11 le 11 novembre 2011, les chutes d’Iguazu sont élues l’une des 7 nouvelles merveilles de la nature, aux côtés de l’Amazonie, de la baie d’Ha Long, de l’île de Jeju, de Komodo, de la rivière souterraine de Puerto Princesa et de la montagne de la Table.

    Les deux choses sont vraies, et il faut les tenir ensemble. La décennie qui a fait des chutes d’Iguazu la merveille du monde que l’on connaît est celle-là même où elles ont failli perdre leur protection.

    Vue aérienne des chutes d'Iguazu au coucher du soleil, la rivière Iguaçu serpentant dans la forêt, Brésil.

    9. Un seul hôtel se dresse à l’intérieur du parc brésilien

    Ouvert en 1958 dans un style colonial portugais, l‘Hôtel das Cataratas s’est vu ajouter deux ailes, en 1971 puis en 1982. Devenu le Belmond Hotel das Cataratas, il reste le seul hôtel situé dans le parc national de l’Iguaçu.

    Cette adresse vaut plus que son architecture. Le parc est soumis à des horaires de visite : tous les autres arrivent après l’ouverture et repartent avant la fermeture.

    Ceux qui dorment sur place ont le sentier pour eux avant le premier bus et après le dernier, dans les deux créneaux où la lumière est basse, où la brume accroche le soleil et où les passerelles sont vides.

    Vue aérienne du Belmond Hotel das Cataratas, seul hôtel situé dans le parc national de l'Iguaçu, Brésil.

    👉 Découvrez l’aventure : Séjour de luxe aux chutes d’Iguaçu : Belmond Hotel das Cataratas

    10. Cinq nuits par mois, le parc national de l’Iguazú ouvre dans le noir

    Autour de la pleine lune, cinq nuits par mois, le parc argentin ouvre après le coucher du soleil. Trois départs par nuit, deux heures et demie environ chacun : le train écologique qui traverse la forêt tropicale sous les étoiles, puis la passerelle métallique jusqu’à la Gorge du Diable, éclairée par la lune et rien d’autre.

    Ce que les visiteurs espèrent voir, c’est un arc-en-ciel lunaire, formé quand la lumière de la lune se réfracte dans les embruns exactement comme celle du soleil le jour, en plus pâle et presque sans couleur à l’œil nu.

    Bien qu’il s’agisse d’un phénomène fascinant, l’arc-en-ciel lunaire d’Iguaçu n’est pas garanti, car il dépend d’un ciel dégagé, d’une lune haute et de la juste quantité de brume dans l’air.

    Un arc-en-ciel lunaire au-dessus des chutes d'Iguazu par nuit de pleine lune, sous un ciel étoilé, Brésil.

    Visitez les chutes d’Iguazu avec PlanetaEXO

    Maintenant que vous connaissez les principaux faits sur les chutes d’Iguazu et l’histoire qui va avec, il ne reste plus qu’à aller les voir de près !

    PlanetaEXO est une plateforme d’écotourisme spécialisée dans les Circuits aux chutes d’Iguazu au Brésil, côté brésilien comme côté argentin. Que ce soit un voyage économique ou un séjour de luxe à l’intérieur du parc national, notre équipe se charge de toute la logistique : vous n’avez plus qu’à en profiter. Contactez-nous dès maintenant !